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Nouvelles du Groupe Solidarité Justice

Groupe Solidarité Justice

Offrir nos épaules

«Tes gestes parlent si fort que je n’entends pas ce que tu dis...» Malgré la pandémie qui s’étire, les feuillets du calendrier continuent leur envolée au rythme des saisons. Mars nous signalera l’anniversaire de la plus grande pandémie récente sur cette planète. Un an où tous les êtres humains de cette terre auront connu ou connaîtront les angoisses d’une mort provoquée par un ennemi infiniment petit. Tous en même temps... sans égard à la couleur de la peau, à l’âge, ou au continent... au même diapason. Mais la mélodie du malheur ne dégage pas les mêmes harmoniques pour toutes et tous. Ce phénomène universel nous a plutôt démontré les résultats monstrueux qu’il pouvait provoquer. Les femmes ont encore écopé des plus lourds fardeaux. La famille demeure la préoccupation des mères même si les pères ont fait de grandes avancées dans le partage des charges domestiques.

En ce mois où le 8 mars sera souligné une autre fois, allons-nous entendre les accents différents venant des femmes de tous horizons? Est-ce que leurs gestes parleront assez fort pour traduire des sons audibles à nos tympans épaissis? Le confinement amplifie les tendances au repliement. Si nous ne nous déplaçons pas les pieds pour offrir nos mains, la léthargie nous menacera d’une paralysie lente et sournoise.

Alors, l’arsenal de nos prétextes nous convaincra que nous ne sommes plus de la partie, que notre part est faite, que la tâche est immense, que le parti-pris pour les humilié.es est imprudent et non inclusif, que la prière suppléera à nos actions, que nous avons d’autres priorités que la justice, que la terre continuera de tourner, que plus ça change plus c’est pareil...!

Et pourtant nous avons connu des femmes exemplaires, inspirées par un amour profond et sans frontières envers toute l’humanité. Ces femmes admirables ont marqué nos histoires personnelles et collectives. Nous en avons toutes et tous en mémoire. Permettez-moi de revenir sur l’héritage extraordinaire de courage que nous a laissé sœur Denise Dubois lors de la répression du général Pinochet au Chili, le 11 septembre 1973. Alors que la clandestinité était plus dangereuse qu’une pandémie, elle offrait son épaule aux résistants et aux résistantes qui voulaient franchir les murs d’une ambassade pour échapper aux tirs de la junte militaire. Avec des groupes appelés «pousse-culs», elle a contribué à sauver des vies par la poussée libératrice qui les projetait en zone neutre. Combien de fois j’ai désiré que des «pousse-culs» nous donnent l’élan pour provoquer notre action vers l’avant!

Sœur Denise Dubois

Le printemps est à nos portes; souhaitons-nous de les ouvrir à toutes ces femmes qui s’investissent en donnant le meilleur de leur vie à l’avancée de l’humanitude!

Denise Brunelle, CND


Pour ouvrir une conversation du ou vers le 8 mars

  • J’identifie une femme exemplaire qui m’inspire particulièrement.
  • Je nomme en quoi son exemple m’influence dans ma vie personnelle et mes engagements
  • Je partage ces trésors.

Impact de la pandémie sur les femmes

La santé mentale des femmes en temps de pandémie

Selon une récente étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 15% de la population québécoise rapporte vivre une détresse psychologique importante depuis le début de la crise. C’est sept fois plus qu’en temps normal. Une étude de l’Institut Vanier menée au Canada révèle que, depuis le début du confinement, plus de femmes que d’hommes disent éprouver souvent ou très souvent de la nervosité ou de l’anxiété (54% contre 39% chez les hommes), de la tristesse (52% contre 37%), de l’irritabilité (43% contre 34%) et des difficultés à dormir (41% contre 30%).

Des facteurs expliquent les effets disproportionnés de la pandémie sur la santé physique et mentale des femmes et sur leur qualité de vie:

         la surexposition au risque d’infection en raison de la prédominance des femmes dans le secteur de la santé;

         la charge familiale accrue;

         la diminution des revenus;

         et l’augmentation de situations de violence et d’exploitation.

De fait, les femmes sont surreprésentées dans le secteur de la santé et des services sociaux de même que dans ceux liés à plusieurs services essentiels comme les services de garde, les épiceries et les pharmacies, des emplois qui se révèlent plus stressants que jamais en raison de l’exposition au virus.

         Effet de la pandémie sur la condition économique des femmes au détriment des femmes

C’est reconnu, le nouveau coronavirus frappe les femmes de plein fouet. De nombreuses femmes travailleuses affirment que la pandémie bouleverse leur équilibre vie professionnelle / vie privée et affecte leur santé physique et mentale. Le télétravail, le chômage partiel ou encore le confinement ont perturbé les équilibres de répartition des tâches au sein des foyers au détriment des femmes. Près de 82% des femmes interrogées dans une étude canadienne ont déclaré que leur vie avait été négativement perturbée par la pandémie. Certaines remettent même en question leurs perspectives de carrière

         Exposition aux risques

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les femmes représentent 70% des travailleurs de la santé et des services sociaux à travers le monde, ce qui les place en première ligne, avec un plus grand risque d’exposition à la maladie. Les femmes occupent également de manière disproportionnée des emplois moins bien rémunérés, notamment dans le commerce de détail et le secteur des services.

         Impact sur l’emploi

Une série d’études publiées au cours des 11 derniers mois révèlent que les femmes supportent généralement davantage le fardeau familial de la pandémie, une tendance qui a un impact sur leur travail rémunéré. Une autre étude de RBC signale que la pandémie a fait chuter la participation des femmes dans la population active à son niveau le plus bas en plus de 30 ans. (Selon Le Devoir, 22 février 2021)

Des données publiées par Statistique Canada montrent que les femmes sont parmi les plus touchées par les pertes d’emplois liées à COVID-19. Dans la principale tranche d’âge de la population active, de 25 à 54 ans, le taux de perte d’emploi des femmes est deux fois plus élevé que celui des hommes.

Même avant la pandémie, le chômage, le sous-emploi et le travail à temps partiel étaient le lot de nombreuses femmes en raison de leurs obligations familiales. Et les choses ne se sont pas améliorées avec l’éclosion de la COVID-19. Selon Statistique Canada, près de 300 000 femmes de 25 à 54 ans ont perdu leur emploi en mars dernier, comparativement à 127 000 hommes du même groupe d’âge.

La fermeture des écoles et des garderies a érigé un obstacle supplémentaire pour de nombreuses femmes du fait qu’elles sont souvent, plus que les hommes, obligées de limiter leurs heures de travail ou de laisser leur emploi pour prendre soin de leurs enfants. Selon Martha MacDonald, une professeure d’économie de l’Université Saint Mary’s, en Nouvelle-Écosse, la question de la garde des enfants et du travail non rémunéré à la maison est essentielle pour comprendre la participation des femmes à la population active pendant la pandémie.

«Qu’elles soient salariées ou qu’elles tentent de diriger une entreprise, les femmes ont été les plus touchées par la fermeture des services de garde d’enfants ou par le renvoi d’enfants à la maison, souligne-t-elle. Les preuves montrent clairement que les femmes ont été plus susceptibles d’être affectées par leurs responsabilités familiales pendant la pandémie que les hommes.»

         Inégalités accentuées

Les circonstances de pandémie aggravent les inégalités liées au genre et les autres facteurs comme la situation économique, la race, la culture, la langue et les différents éléments intersectionnels de nos identités.

La pandémie de coronavirus aggrave les violences faites aux femmes

Un constat

  • Des faits

Des études réalisées en contexte de crise ou d’urgence humanitaire pointent vers une augmentation de la violence conjugale pendant et après des situations extrêmes. Durant la première vague, entre la mi-mars et le début juillet, plusieurs services d’aide aux victimes ont déclaré une hausse du nombre de victimes de violence familiale ayant eu recours à leurs services. Entre mars et juin, une hausse de 12 % des demandes d’intervention policière associées à des situations de conflits ou des querelles dans un domicile privé a été observée. Pour leur part, les maisons d’hébergement pour femmes au pays ont constaté une escalade de la gravité de la violence envers elles durant la pandémie. Selon Louise Riendeau, responsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, de très nombreuses femmes disent que les violences étaient plus graves et plus sévères, même pour leurs enfants, durant la première vague. (Le Devoir, 23 février 2021)

  • Ça s’explique comment

L’augmentation de la violence conjugale serait attribuable en partie à l’isolement social, aux conséquences économiques de la crise et à la réduction du revenu qui fragiliserait la situation des femmes.

L’ONU Femmes a cité cinq (5) facteurs qui ont aggravé ces violences durant cette pandémie: les espaces publics étaient déserts; les femmes ont été enfermées avec leurs prédateurs (agresseurs); les restrictions à la libre circulation; les conditions de vie difficile; les problèmes d’argent, les inquiétudes liées à la santé et à la sécurité.

  • Et les services

Pour les maisons d’hébergement qui viennent en aide aux femmes victimes de violence, les défis ont été énormes. L’un de ces refuges affirme: «Non seulement notre maison est au maximum de sa capacité, mais le nombre de cas de violence que nous traitons a également augmenté de façon spectaculaire, tout comme leur gravité».

Les maisons ont dû fonctionner à capacité réduite en raison des règles sanitaires imposées: 71% des maisons qui ont répondu au sondage ont indiqué avoir diminué leur capacité d’accueil. Le nombre de chambres a aussi été restreint afin de faire place à une unité d’isolement pour mettre en quarantaine les femmes infectées ou prévenir la contamination lorsqu’arrivaient de nouvelles femmes.

  • Ce qu’il faut comprendre

Dans le contexte du confinement, les agresseurs ont utilisé cet isolement accru pour contrôler davantage leurs victimes. Plus précisément, la montée du contrôle coercitif – isolement, limitation de l’accès aux finances, contrôle des comportements, dégradation, restriction des mouvements – a été signalée plus fréquemment.

Le confinement et les mesures exceptionnelles ont eu pour effet d’exacerber un contexte de violence conjugale existant (ex.: la situation de télétravail offre au partenaire violent des moyens supplémentaires de contrôle sur sa partenaire), de rendre plus difficile une séparation pour les femmes victimes, d’accroître le risque de violence au sein d’un couple en raison de l’amplification de certains facteurs associés à la violence conjugale (ex.: consommation d’alcool et de drogues, précarisation de la situation économique, problèmes de santé mentale).

Pour les auteurs d’abus, les restrictions imposées dans le cadre de la COVID-19 fournissent l’occasion d’exercer un pouvoir et un contrôle sur leurs partenaires, par exemple en réduisant davantage l’accès aux services, à l’assistance et au soutien psychosocial qu’offrent des réseaux formels et informels. Les auteurs d’actes de violence pourraient exercer un contrôle en diffusant des informations erronées sur la maladie et en stigmatisant leurs partenaires. Donc, violence = contrôle et pouvoir en pandémie comme hors pandémie. Phénomène exacerbé par la pandémie.


8 mars Journée internationale des droits des femmes 2021

Le thème Écoutons les femmes vise à illustrer ce constat : les femmes veulent des mesures concrètes pour combattre la pauvreté et la violence qu’elles subissent afin d’améliorer considérablement leurs conditions de vie et de travail. Le visuel met en lumière les femmes dans toute leur diversité afin de représenter la pluralité de leurs réalités et des luttes féministes à mener. C’est par l’action collective, solidaire et intersectionnelle que nous pouvons aspirer à une transformation profonde de la société. L’objectif est que chaque femme qui regarde cette illustration s’y reconnaisse et sache que sa voix compte, qu’il y a une prise de conscience de sa réalité et qu’elle sera entendue!


Développement et paix –Carême de partage 2021

Dans sa dernière encyclique, Fratelli Tutti, le pape François nous appelle à vivre un amour nous permettant «de construire une grande famille humaine où nous pouvons toutes et tous nous sentir chez nous», un amour «qui a saveur de compassion et de dignité» (Fratelli Tutti, 62.)

Cette année, alors que la grande famille humaine demeure fragilisée par la pandémie de la COVID-19, la campagne Carême de partage nous invite à partager l’amour et à exprimer notre solidarité avec nos sœurs et frères des pays du Sud dont les besoins s’exacerbent. En ces temps difficiles, rappelons-nous les mots de notre pape, qui nous dit que «la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour.» (Fratelli Tutti, 11.)

 

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