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Un �v�nement de 1653 relu dans la lumi�re de Matthieu 2 : 1-12

La Ville-Marie du Sieur de Maisonneuve et de Jeanne Mance �tait n�e onze ans auparavant. Voici qu'une jeune femme de 33 ans, fran�aise de Troyes en Champagne, y arrive et demande : O� sont donc les enfants � instruire? On m'a pourtant assur�e que j'�tais requise, ici, comme �ducatrice d'un peuple � na�tre... C'est une �toile qui m'a conduite, ici, une �toile qui ne peut que m'avoir men�e � bon port. Elle m'a dit, cette �toile : �Va, je ne t'abandonnerai pas.� (EMB., p. 206. 238) Vous pensez peut-�‐�tre que j'ai r�v�? Oh! Mais si vous saviez combien j'ai consult� avant l'embarquement. Je m'�tais offerte pour cette mission � M. de Maisonneuve. Lui-�‐m�me avait alors parl� � M. Jendret, mon guide spirituel, que je consultai, bien s�r, � ce sujet et qui m'envoya chez M. Profit, puis chez le Grand Vicaire et je suis certaine que si l'�v�que avait �t� pr�sent, je l'aurais consult�, lui aussi. Ils �taient tous unanimes : Dieu me voulait l�-�‐bas. La travers�e a �t� p�rilleuse, mais je me savais guid�e par mon �toile : �J'ai encore une autre ressource que le bon Dieu veut bien m'accorder, qui est le secours de la tr�s sainte Vierge; car si je suis l'objet de la mis�ricorde de Dieu, je suis, en m�me temps, la preuve du secours de la tr�s sainte Vierge (EMB., p. 185)

La toute premi�re �cole de Ville-�‐Marie, cette fameuse �table-�‐�cole, elle ne m'a �t� confi�e que lorsqu'il y eut des enfants � former, soit 4 ann�es plus tard. Je vous laisse deviner les d�fis qu'il y eut � relever dans l'�ducation des enfants, dans le support incessant aux couples, aux familles, aux responsables de la colonie. Mais, il y avait toujours l'�toile. �Quand je me trouvais en peine, je m'adressais � la tr�s sainte Vierge et lui promettais que je lui ferais b�tir sa chapelle; et aussit�t, je trouvais ce qui m'�tait n�cessaire, et cela, par plusieurs fois.� (EMB., p. 172) Au cours des ans, c'est encore mon �toile qui m'a confi� qu'elle avait re�u �avec m�me affection, les rois et les bergers et ne s'�tait attribu� aucun de ces honneurs qui �taient rendus � son Fils.� J'ai alors compris que je ne devais pas �avoir plus de consid�ration pour les s�urs riches que pour les pauvres et m�me pour les autres filles et �coli�res�. Nous ne devions pas nous attribuer quoi que ce soit du bien qui pourrait se faire par nos soins (EMB., p. 113). En plus de quarante ans au Nouveau Monde, il n'a pas manqu� de moments o� j'ai craint d'avoir perdu la trace de mon �toile. J'ai alors cri� : �Sainte Vierge, je n'en peux plus!� �Et un Ave� (EMB., p. 274).

Je suis retourn�e en France, trois fois : c'�tait la m�me grande mer, mais �tait-ce pour autant le m�me chemin? En 1658-659, en 1670-1672, en 1679-1680, est-ce que j'�tais la m�me? Qu'est-ce que la vie m'avait appris, � chaque �tape? 360 ans apr�s moi, �coutez bien Elena Lasida lorsqu'elle nous dit : �Chacun des lieux auxquels nous avons appartenu dit une partie de ce que nous sommes aujourd'hui. Consciemment ou inconsciemment, ces lieux nous habitent, � vie.� (1)

Le 12 janvier 1700, je suis partie par un autre chemin, celui dont j'ai dit qu'il menait � �la bienheureuse �ternit� �. Et j'ai bien des fois demand� � mon �toile �que toutes les filles qui y sont et y seront � l'avenir et que toutes les personnes qui contribueraient � leur avancement spirituel soient du nombre des �lus afin qu'en votre compagnie nous puissions louer notre bon Dieu dans la bienheureuse �ternit�.� (EMB., pp 19ss).


(1) Elena Lasida, Le go�t de l'autre. La crise, une chance pur r�inventer le lieu. Paris, Albin Michel, 2011, p. 20.

 

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