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Commentaire sur l’Évangile du jour – 3e dimanche du Carême B

Denise Lamarche, CND

Exode 20, 1-3.7-8.12-17
1 Corinthiens 22-35
Jean 2,13-25

Avez-vous déjà vu une personne remarquable pour sa bonté et sa douceur piquer une bonne colère? J’ai déjà vu cela et je vous assure que c’est impressionnant. Bien plus impressionnant que les colères d’une personne qui en fait fréquemment.

On dit souvent de Jésus qu’il était doux. Et nous avons bien des preuves de sa grande bonté. Mais, il n’était pas mièvre; il n’était pas mou. La page d’évangile que nous venons d’entendre nous le montre en grande colère. Jésus ne pouvait pas tolérer les injustices. Il ne pouvait pas accepter qu’on exploite les gens surtout pas les pauvres. Et c’est bien ce qui se passait au Temple. Il était normal que près du Temple, on vende aux Juifs ce qu’ils devaient offrir en sacrifice, e.g. les tourterelles, les agneaux… Il était normal aussi qu’on échange la monnaie romaine pour la monnaie juive, la seule qui était acceptée comme aumône dans le Temple, alors que celle qui était à l’effigie de César, la romaine, était la seule acceptée dans la société. Mais ce qui provoque la colère de Jésus, c’est le commerce injuste qui exploite les pèlerins venus prier Dieu dans son Temple. Ce sont les abus des vendeurs et des échangeurs de monnaie qui font dire à Jésus «ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.» Ce qui choque Jésus, ce qui le fâche et lui fait prendre le fouet, c’est le marchandage. Ce n’est pas parce qu’on offre à Dieu quelque chose qui coûte plus cher que Dieu nous aime plus. Dieu n’est pas à vendre. On ne peut pas l’acheter. Dieu est juste. Il est la justice même. Parce qu’il est juste, il ajuste sa bonté, sa miséricorde, son pardon, son amour au besoin que nous en avons.

Jésus connaissait bien les commandements donnés à Moïse... En posant son geste de colère, il peut vouloir nous dire que ce qu’il y a de plus important, ce n’est pas d’offrir des sacrifices dans le Temple, mais bien de reconnaître et d’adorer le vrai Dieu; de n’avoir aucune idole. Jésus veut que nous tournions notre cœur vers le Seigneur Dieu, vers son Père qui est aussi notre Père. Ce n’est pas l’argent, ce n’est pas notre réputation, ce n’est pas la gloire qui doivent être notre Dieu. C’est le Père qui nous a donné son Fils. C’est le Père qui souffre de la crucifixion de son Fils et qui regarde en son Fils, tous les crucifiés de la terre : les enfants battus, les femmes violées, les pauvres qui meurent de faim; les gens qu’on enlève, qu’on massacre, qu’on tue; les peuples victimes de la guerre, du terrorisme, du despotisme…

Et en ce jour, dans une chapelle due à une grande femme, Marguerite Bourgeoys, on pense davantage aux femmes et à l’égalité qu’elles demandent dans leurs rapports sociaux et ecclésiaux avec les hommes. On pense aussi à leur souci de solidarité dans la lutte contre les politiques d’austérité qui appauvrissent les plus pauvres. Comment alors ne pas nous dire que ce Jésus qui se donne à nous dans l’eucharistie prend parti pour elles et qu’il les reconnaît aimées d’un amour infiniment grand par le Père qui ne met jamais de limite à son amour?

Rendons grâce à Jésus, Messie crucifié que Dieu relève de la mort et qui est allé jusqu’au don de sa vie par souci de la justice et de l’amour du Père. C’est lui, désormais, le Temple qu’on a détruit et qui s’est relevé en trois jours. Par lui, avec lui et en lui, allons vers le Père.

 

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