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L’éducation des femmes japonaises : l’histoire et la situation actuelle

Andrée Maheu, CND, et Agnes Ngo Nken, CND

Au Japon, où l’enseignement supérieur a commencé tardivement, il existait deux modèles au début de l’enseignement supérieur féminin.

Le premier modèle a été créé lorsque des chrétiens européens et américains sont venus pour la première fois au Japon. À cette époque, l’éducation se concentrait sur l’enseignement de l’anglais. Notre école CND appartenait à ce modèle.

Le deuxième modèle a été élaboré par une pionnière du nom d’Umeko Tsuda. En 1871, à l’âge de 6 ans, elle s’est rendue aux États-Unis où elle a étudié à Washington, DC. Après ses études, elle est retournée au Japon et a travaillé comme enseignante dans une école pour filles d’aristocrates. Umeko s’est aperçue que l’école utilisait une approche « dépassée » visant à donner aux étudiantes l’éducation et la discipline nécessaires pour devenir de bonnes épouses et de sages mères.

En juillet 1900, la Women’s English School, maintenant renommée le Tsuda College, était une petite école qui fournissait gratuitement l’éducation à toutes. L’accent était mis sur l’éducation sans discrimination des femmes et on y offrait des cours progressifs et de haut niveau. L’éducation moderne des femmes a commencé là.

Après la deuxième guerre mondiale, tous les collèges masculins sont devenus mixtes. En 1946, l’université de Tokyo a accueilli ses premières 19 étudiantes. Les femmes qui entraient dans une université d’hommes étaient des pionnières courageuses faisant beaucoup d’efforts pour améliorer leur existence. Elles devaient monter une pente raide pour se tailler une place dans l’université la plus exigeante de Tokyo. Par exemple, le premier sujet de négociation avec le président a été l’installation de toilettes pour femmes.

Même s’il s’agissait d’une école mixte, il y avait un écart important entre les environnements dans lesquels les étudiants des deux sexes recevaient leur éducation. Si les examens d’entrée étaient identiques, on constatait des inégalités. Les filles ne réussissaient que très difficilement. Sur 298 étudiants, à peine 2,1% étaient des femmes. Aussi, celles qui réussissaient avaient du mal par la suite à trouver leur place dans la société. Elles étaient rejetées par la société. De plus, ce n’était pas une éducation qui répondait à leurs besoins.

Par la suite, une université pour femmes est créée, donnant aux étudiantes un environnement spécialisé qui facilite leur poursuite d’études supérieures. L’éducation est divisée en deux catégories : libérale et professionnelle. L’éducation professionnelle permet d’acquérir diverses qualifications telles que celles de garde d’enfants et de nutritionniste tandis que l’éducation libérale développe des compétences dans les domaines des communications, de la linguistique et de l’information.

Depuis les années 1980, l’attitude des étudiantes envers les sciences sociales est plus favorable.

Défis pour l’éducation des femmes dans l’avenir

Le Japon est une société ou les disparités entre les sexes existent encore. Il se classait au 110e rang dans le classement de l’indice d’écart de genre (GCI) en 2018. Actuellement le pourcentage de femmes cadres y est faible. Les chances qu’une étudiante d’une école mixte puisse devenir dirigeante sont deux fois moins élevées que celles d’une étudiante d’une école réservée aux filles. Par contre, toute étudiante peut devenir dirigeante dans une école pour filles. Dans les collèges pour filles, on offre un environnement où il est possible de se concentrer sur la vie étudiante sans se soucier du regard du sexe opposé. Les défis de l’avenir comprennent la façon de mettre en pratique l’éducation des femmes pour développer le leadership.

 

 

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