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« La Foi est première, mais primauté à l’Espérance ! »

Denys Chouinard, archiviste retraité

Sœur Marie-Thérèse Nadeau, CND, aux Conférences spirituelles du Pèlerin[1]

On aime écouter les théologiens, tout comme les philosophes, parce qu’ils nous ramènent fort pertinemment à un sujet fondamental, celui du sens de la vie. Sœur Marie-Thérèse Nadeau, théologienne et professeure au Collège universitaire dominicain à Ottawa, vient de le faire avec enthousiasme à l’occasion des Conférences spirituelles du Pèlerin. Une quarantaine de personnes, dont plusieurs membres de la Congrégation de Notre-Dame, assistaient à l’événement.

La théologienne est formelle, l’Espérance fait partie de la condition humaine. Elle est comme la respiration; c’est un souffle de vie. Elle ajoute, en utilisant une image on ne peut plus inspirante, l’Espérance est l’étoffe pour laquelle l’âme est faite.

Sur un ton direct et dans un style entraînant, la professeure place résolument l’Espérance dans le présent. Elle écarte la vision réductrice de l’espoir qui se limiterait à une vie dans l’au-delà. La résignation véhiculée par le discours de l’impuissance sur terre ne fait que contribuer à l’installation de cette impuissance. Sœur Nadeau l’aura dit à plusieurs reprises au cours de la soirée : on doit vivre intensément dans le présent tout en préparant l’avenir, donner sa pleine mesure maintenant, combler les attentes, en reformuler constamment de nouvelles.

C’est essentiel à une époque où le futur ne fait plus rêver, où la vie en temps réel (les événements suivis en direct) tue le rêve, l’imaginaire, l’utopie. L’omniprésence du virtuel fait en sorte qu’on se projette de moins en moins vers demain; on s’enferme dans ce virtuel alors qu’on a tant besoin d’une distance de l’événement pour l’analyser.

Sœur Nadeau ne manque pas de talent pour retenir l’attention de son auditoire. À la question D’où vient le besoin de l’Espérance ?, elle répond que la Foi ne suffit pas. Celle-ci est première, bien sûr, mais la primauté doit aller à l’Espérance. Qu’a-t-on à faire d’une Foi dans un monde désespéré ?

Quelle est-elle cette Espérance qu’il faut prêcher ? Nombre de ses détracteurs soutiennent qu’il ne s’agit que d’une évasion. Sœur Nadeau réplique en la présentant comme un mode de vie au présent, dans une communion avec Dieu. Et c’est là qu’on arrive au cœur de sa communication lorsqu’elle affirme qu’il faut se définir par un amour qui nous dépasse. En cela, on voit bien qu’elle est fille de Marguerite Bourgeoys qui écrivait : « Ce que j’ai toujours désiré et souhaité le plus ardemment, c’est l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même gravé dans tous les cœurs. »[2]

La théologienne parle alors de « véritable Espérance », celle d’une attente active, d’un futur qui vient à nous grâce à nous. Elle ajoute que l’Espérance chrétienne trouve précisément sa signification dans les situations désespérées, au moment où d’autres abandonnent.

Et c’est alors que surgit de l’auditoire la question qui s’impose : « Comment prêcher aujourd’hui l’Espérance aux désespérés ? » La conférencière répond en religieuse de la Congrégation de Notre-Dame qu’elle est. Il faut le faire humblement, ne jamais chercher à régler les problèmes des autres. Il importe de les accompagner pour capitaliser sur les minces et rares rayons de soleil qui ont déjà percé les nuages de leurs vies. Il s’agit d’une rencontre qui est un échange où l’on se convertit à la fragilité de l’autre et où l’on découvre sa propre pauvreté. En somme, c’est tout sauf aller vers autrui du haut de sa grandeur !

Sœur Nadeau, en tant que disciple de Marguerite Bourgeoys, est une fille de paroisse qui pratique avec simplicité et humanité le modèle de la Visitation. Elle a conclu sa conférence en disant que désormais elle fait partie de la vie des quarante personnes de l’assistance et que vice-versa, ces dernières appartiennent à la sienne. Et le dénominateur commun de tout ce monde est la Foi vécue dans une Espérance active.


[1] Les Écrits de Mère Bourgeoys. Montréal, 1964.


[2] Conférence intitulée Un besoin fou d’espérance prononcée le lundi 30 novembre 2015 à la Maison mère de la Congrégation de Notre-Dame. Voir Nadeau, Marie-Thérèse, Un besoin fou d’espérance. Montréal, Médiaspaul, 2015, 198p.

 

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