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L'oeuvre des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Arthabaska et Victoriaville

Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville

Le 17 avril 2020 marque le 400e anniversaire de naissance de Sainte-Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la communauté des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Pendant environ un siècle, Arthabaska et Victoriaville ont bénéficié d’une éducation et d’une instruction de qualité de la part de plusieurs membres de cette communauté. C’est avec beaucoup de reconnaissance que la Société d’histoire et de généalogie de Victoriaville désire résumer l’implication de ces religieuses dans notre milieu.

À Arthabaska

La présence de cette communauté débute en 1870 alors que le journal L’Union des Cantons de L’Est du 28 juillet annonce la fin des travaux du nouveau couvent pour filles de « Saint-Christophe », au coût de 4 628 $, face à l’église Saint-Christophe, à Arthabaskaville. L’article du journal fait référence aux « dames de la Congrégation de Montréal ». Les premières élèves sont admises en septembre suivant à la suite de l’arrivée de quatre religieuses (Sœur Sainte-Dosithée, Sœur Sainte-Synclétique, Sœur Saint-Éphrem et Sœur Saint-Sylvain). Deux ans après, le curé Philippe-Hippolyte Suzor donne à la communauté le bâtiment avec toutes ses dépendances et un terrain avec 112 pieds de façade, à la condition de remettre le tout au donateur, s’il est vivant, ou au curé de la paroisse religieuse Saint-Christophe en fonction, advenant la cessation du maintien d’une institution d’enseignement.

Dans une publicité parue le 24 novembre suivant, Sœur Sainte-Dosithée, supérieure locale, souligne « que le couvent dispense l’étude de la langue française et de la langue anglaise, de la musique, du dessin, de la peinture, de la couture unie, du tricot, des ouvrages de goût, etc. » L’année scolaire se prolonge sur 10 mois et demi. Pour les pensionnaires nourries, il en coûte 5.00 $ par mois. Si les parents assument la nourriture de leurs enfants, les frais s’établissent mensuellement à 1.25 $ afin d’assurer les coûts inhérents à l’instruction. Les jeunes élèves doivent fournir un lit et toute la literie. Des tarifs de 2.50 $ s’appliquent à celles qui prennent uniquement le dîner et la collation. La commission scolaire locale assume les frais pour les élèves externes. Quant au costume des jeunes filles, il est de couleur noir.

À la même hauteur que la bâtisse originale et en direction de la côte, un premier agrandissement de 42 pieds par 35 pieds, s’effectue à compter de septembre 1897. À la suite de l’apport important d’un bazar tenu au 2e étage, plus de 800 $ sont amassés. En mars 1898, les ouvriers de l’architecte-contracteur Louis Caron pratiquent une ouverture dans l’édifice original afin de communiquer avec la nouvelle annexe. Le coût des travaux s’élèvent à 4 000 $. En 1920, le Couvent offre des formations en français et en anglais, de la préparation aux examens des brevets (catégories élémentaire, modèle et académique) et dispense une excellente culture musicale. Afin de souligner le 50e anniversaire de l’institution à Arthabaska, un comité d’organisation consacre beaucoup d’ardeur à la préparation des fêtes jubilaires du 27 mai, sous la supervision de Sœur Sainte-Adolphine, supérieure.

En septembre 1931, des travaux, par l’entrepreneur J.N. Michaud, sont en cours pour la construction d’une nouvelle aile du côté nord de la bâtisse. Les religieuses en prennent possession en janvier suivant. La Commission scolaire et le gouvernement du Québec contribuent financièrement au projet en versant respectivement 3 500 $ et 8 000 $ en regard d’un coût total de 20 051, 94 $. En 1963, le pensionnat ferme ses portes et une dernière graduation se tient en mai. Ceci clôt les activités d’internat du Couvent. À compter de septembre, seules les externes accèdent aux cours. Les élèves de 10e et 11e secondaire sont déjà dirigées vers une école secondaire pour filles à Victoriaville et seules les étudiantes de 8e et 9 secondaires (sans pensionnaires) fréquentent l’institution.

En 1975, à la suite de la fermeture de l’établissement en 1973 et en vertu des conditions mentionnées lors de la donation en 1872, la communauté religieuse cède cette maison d’enseignement au curé de la paroisse Saint-Christophe, l’abbé Alexandre Joseph Bergeron. Peu de temps après, le tout est revendu à MM. Jean-Yves Baril et Réal Pellerin. En 1977, les nouveaux propriétaires transforment l’aile nord (construit en 1931) en édifice à logements (73, rue Laurier Ouest) et procèdent à la démolition des deux autres parties de l’édifice.

Dimanche le 29 mai 1979, en l’église Saint-Christophe d’Arthabaska, le curé Jean-Jacques Fortier, au nom de la Paroisse Saint-Christophe et de l’Amicale Notre-Dame des Bois-Francs (anciennes élèves du Couvent) profite de son homélie pour rendre hommage particulier aux religieuses afin de souligner leur départ d’Arthabaska. Les remerciant chaleureusement pour leur grande contribution, le prêtre exprime ses regrets de les voir quitter la ville. Madame Marie-Jeanne Dubé, secrétaire de l’Amicale, lit une adresse de reconnaissance à l’endroit des religieuses. Chacune reçoit un cadeau-souvenir pour leur dévouement. Sœur Charlotte Beauchesne, au nom des religieuses, s’adresse à l’assistance pour exprimer des remerciements d’usage.

Pendant ce temps, à Victoriaville…

En juillet 1878, le curé de Sainte-Victoire, l’abbé Édouard Laflèche, demande à l’évêque de Trois-Rivières, Mgr Louis-François Laflèche, d’autoriser la fondation d’un couvent pour filles. Ce consentement survient le 25 juillet à la condition qu'il soit dirigé par les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Désiré-Olivier Bourbeau se rend à Montréal pour solliciter des religieuses auprès de Mère Saint-Victor (Chénier), supérieure générale.

Le 24 août suivant, Soeurs Sainte-Marie de la Salette, supérieure, et Saint-Olivier, maîtresse de classe, arrivent et elles logent quelques jours au couvent d'Arthabaskaville en attendant que la maison d'enseignement soit prête. Elles sont bientôt rejointes par Sœur Sainte-Christine. Les paroissiens de la paroisse religieuse Sainte-Victoire décident, le 1er septembre 1878, d’acquérir un terrain et une maison en briques de deux étages, appartenant à Joseph-Octave Bourbeau, située à sept arpents de l'église, sur le chemin de la Reine (130 Notre-Dame Est aujourd'hui).

Le 12 septembre, les religieuses couchent dans leur nouveau couvent sur des paillasses remplies de deux bottes de paille. Le lendemain, une messe inaugure solennellement l’œuvre et le sermon est prononcé par Mgr Laflèche qui procède à la bénédiction. C’est l’ouverture des classes pour 106 élèves, le 16 septembre. Les pensionnaires sont : Cécile Beaubien, 4 ans, Ombéline Matte, 6 ans, Amanda Bolduc, 6 ans, Joséphine Fortier, 14 ans et Georgianna Côté, 17 ans; il y a quatre demi-pensionnaires, 12 quarts de pensionnaires et des externes. Jenny Booth, Caroline Lessard, Eugénie et Victoria Suger et Corinne Duval arrivent plus tard.

Le couvent ne répond plus à l'affluence grandissante des pensionnaires et les Religieuses désirent se rapprocher de l'église Sainte-Victoire. Le bâtiment qu'elles occupent ne semble pas très solide et sécuritaire, étant surnommé « le château de cartes », car vingt incendies y éclatent en quatre ans. Mgr Laflèche, le 8 février 1881, les autorise à procéder avec leur nouvelle construction. La Congrégation de Notre-Dame de Montréal achète, le 21 février suivant, un premier emplacement de 60 pieds de largeur au chemin de Bulstrode (rue Notre-Dame Ouest actuelle) s’étendant jusqu’à la rivière Nicolet. Le même jour, Aimé Beaubien cède gratuitement à la communauté un terrain de trois quarts d’arpent. La Fabrique Sainte-Victoire adopte une résolution accordant un espace de 100 pieds par 25 pieds et, au besoin, toute la partie du terrain devant l’église, côté nord-ouest. Elles en auront l’usufruit aussi longtemps qu’elles y maintiendront leur couvent. En 2020, nous nous retrouvons à la Résidence du Couvent, 131, rue Notre-Dame Ouest et à une partie du cimetière SainteVictoire. La construction au coût de 1 800 $, par Louis Caron, débute le 1er juillet 1881.

Les religieuses quittent la vieille maison le 8 août 1882 et, le 12 août, c’est la bénédiction du nouveau couvent par Mgr Laflèche. Le 1er septembre, 28 pensionnaires et plusieurs externes font leur entrée dans ce petit paradis terrestre. En août 1883, Sœur Sainte-Marie de la Salette accepte le don d’un emplacement, avec une bâtisse connue comme l’école no. 2, pour entériner la promesse que les Commissaires d’école avaient faite à ladite Congrégation si elle construisait le couvent. En février 1885, les Sœurs, qui avaient reçu de la Fabrique le premier couvent, cèdent cette propriété aux Commissaires.

Au cours de l'été 1903, une annexe est ajoutée au couvent, entre le pensionnat et l'école paroissiale, qui permettra la construction d'une vaste chapelle, d'une salle de réception et d'un dortoir pour les grandes élèves. Le tout coûte 6 500 $ incluant la lumière électrique et les fournaises à eau chaude. Les contributions financières du curé Tessier et des Commissaires facilitent grandement l'érection de cet agrandissement. On embauche des institutrices additionnelles, soit Mary Gagnon, Jeanne Auger et Délia Patry.

En 1912, le Département de l’Instruction publique accorde le titre d’« Académie » à l’Externat sous le contrôle des Commissaires et la direction des religieuses. À compter de 1915, le pensionnat jouit du privilège d'offrir des cours sous-gradués et gradués ainsi que celui de Lettres-Sciences. L'Université Laval, en 1924, accorde au Couvent une affiliation qui lui permet d'offrir les mêmes avantages que des maisons d'enseignement réputées de Québec tels qu'un enseignement bilingue jusqu’en 10e année, facilité par la présence des élèves des États-Unis. Un cours commercial est également dispensé à 18 élèves qui suivent des cours de dactylographie et de sténographie anglaise et française Pitman et de mécanographie Perreault. En 1947, l'institution des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame s'affilie à l'Université de Montréal.

En 1953, l'établissement souligne le 75e anniversaire de l'arrivée des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame à Victoriaville, en présence de Mgr Albertus Martin, évêque de Nicolet. En septembre 1954, le Couvent accueille une école normale pour former ses institutrices et abandonne le cours commercial et l'enseignement au primaire. Ces décisions font suite à une diminution du nombre d'élèves, causée par la gratuité des écoles publiques. Sœur Sainte-Marie-de-l'Incarnation, supérieure du Couvent, informe la population que les classes, pour dispenser cette nouvelle formation, s'adressent aux jeunes filles ayant terminé leur 11e année, leur 10e du cours commercial ou leur 4e année du cours Lettres-sciences. L’École normale accueille des pensionnaires et des externes en formation au niveau des brevets B et C.

L'institution ouvre, en septembre 1960, une classe d’Éléments latins, affiliée à l’Université de Sherbrooke et sous le contrôle de la Commission scolaire, offrant la gratuité des cours et des manuels. Des places sont disponibles pour ceux qui désirent être pensionnaires. Le couvent abrite toujours l’École normale et offre un cours secondaire, section spéciale avec latin, pour les 9e, 10e et 11e années. Un cours classique, allant jusqu'à la Versification, est également dispensé. Ensuite, le ministère de l'Éducation ouvre des écoles supérieures avec options. En 1965, ceci entraine la fermeture du Couvent qui demeure une résidence pour les religieuses retraitées et les sœurs enseignantes. Le 13 juin 1997, après 119 ans au service de la population, les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame cèdent le Couvent qui devient l'établissement pour retraités « La Résidence du Couvent », propriété des frères Daniel, Jean-Pierre et Francis Ouellet. En janvier 2000, les propriétaires ajoutent des étages, selon les plans de l’architecte André Bourassa, et investissent 400 000 $ pour ajouter 13 chambres aux 42 déjà occupées.

 

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