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Timothy Radcliffe : « Comment espérer aujourd’hui ? »

Michelle Renaud

Compte rendu de la conférence tenue le 21 février 2019 à l’église des Dominicains, à Montréal 

Pour Timothy Radcliffe, notre plus grand défi aujourd’hui est de donner espérance aux générations de demain. Paradoxalement, c’est dans un Proche-Orient en proie à la guerre, à la violence, qu’il a découvert cinq pratiques chrétiennes porteuses d’espérance : la prière, le chant et la musique, l’étude, les actes de charité et la fidélité.

C’est en Syrie que l’ancien maître de l’Ordre des prêcheurs a compris d’une façon nouvelle la prière. Chaque fois que la cloche sonnait pour l’Eucharistie dans une chapelle à quelques kilomètres de l’État islamique (EI), sa signification profonde lui était dévoilée. Lors de chaque partage du repas du Seigneur nous faisons face à sa mort transformée en don de la vie éternelle. N’est-ce pas pourquoi les chrétiens de ce pays vivent l’Eucharistie avec tant de joie? Pour eux aller à la messe signifie la joie de ceux pour qui la mort a perdu son aiguillon.

Rappelant que le repas pascal de Jésus s’est conclu par le chant des psaumes, le dominicain souligne que c’est en chantant que 21 chrétiens coptes égyptiens ont été décapités sur une plage de Lybie par l’EI. Chanter et faire de la musique fait partie de la vie ordinaire chrétienne, mais c’est seulement dans des situations de souffrance et de danger mortel que leur espérance profonde est dévoilée.

Tout comme la prière et le chant, l’étude nourrit l’espérance. Dans la zone de guerre qu’était Bagdad, des sœurs dominicaines ont ouvert deux écoles pour les enfants de toutes religions. Le dominicain Youssif Mirkis y a également fondé l’Académie des sciences humaines de Bagdad où la majorité des étudiants sont musulmans. L’étude, surtout dans des moments de crise, exprime notre espérance qu’en fin de compte, tout aura un sens. Cela nous prépare pour la révélation ultime, lorsque nous verrons Dieu face à face.

Espérer signifie aussi accomplir des œuvres bonnes comme en témoignent en Iraq des religieuses s’occupant d’enfants handicapés abandonnés par leurs familles ainsi que des vierges consacrées accueillant des femmes de toutes religions sans nul endroit où aller. Que des actes de bonté puissent porter fruit, Timothy Radcliffe en a eu la preuve lorsqu’il s’est rendu en Algérie pour la béatification de 19 moines et religieux morts martyrs. L’un d’eux était le dominicain Pierre Claverie, évêque du diocèse d’Oran. Lors de ses funérailles, un millier de musulmans l’ont appelé « l’évêque des musulmans »  ̶ du jamais vu dans un pays à majorité musulmane.

Une dernière manière par laquelle les chrétiens du Proche-Orient témoignent de leur espérance est la fidélité  ̶ en signe du Seigneur ressuscité qui nous a dit qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps. Comment s’exprimera la fidélité dans ma propre vie? Pour le dominicain, cela consiste à rester dans l’Église, même s’il en a honte à cause du scandale des abus sexuels. Si Jésus proclame qu’il va rester, alors comment ne pas rester moi aussi?

En conclusion, c’est en citant Isaïe que Timothy Radcliffe souligne la grâce de s’être ouvert à l’espérance au milieu de la souffrance : « Que le désert exulte et fleurisse; comme l’asphodèle qu’il se couvre de fleurs, qu’il exulte en cris et chants de joie! » (Is 35, 1-2)

 

 

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