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Les années 60 :
Nouveaux défis, nouvelles possibilités

Les années 1960 furent une période de grand changement et « firent naître de grands espoirs dans la Congrégation, à Montréal, au Canada et dans le monde. Le Deuxième Concile du Vatican, clôturé à la fin de 1965, offrait à l’Église catholique une promesse de renouveau et de rajeunissement du catholicisme89. » Les femmes sont de plus en présentes sur un marché du travail transformé par la révolution technologique. La sécularisation, un phénomène propre à diverses régions du monde occidental, fait en peu de temps de très grands progrès90.

Pendant cette décennie, le Québec vit une période très mouvementée de son histoire : la Révolution tranquille. Ce mouvement de modernisation est « caractérisé par une réorientation de l’État québécois qui adopte les principes de l’État-providence, la mise en place d'une véritable séparation de l’Église catholique et de l’État, et la construction d'une nouvelle identité nationale québécoise, qui s'écarte du nationalisme traditionnel canadien-français91 ».

Une des premières réformes amorcées pendant la Révolution tranquille fut celle du système d’éducation. Une commission royale d’enquête sur le système québécois d’éducation est créée, la Commission Parent, qui publiera, de 1963 à 1967, un rapport en plusieurs volumes. « Pour mettre en œuvre ses recommandations, répondre à la demande d’une population scolaire beaucoup plus nombreuse et élargir l’accès aux études supérieures, le gouvernement entreprit une réforme radicale du système d’enseignement92. » Cette réforme qui entraînait la disparition des collèges classiques et la création des collèges d’enseignement général et professionnel (CÉGEPS) exercera des effets profonds sur les communautés religieuses enseignantes, l’État prenant maintenant en charge la plupart des services autrefois fournis par ces dernières.

Réponse à l’appel de Vatican II

D’autre part, Vatican II appelait la Congrégation, tout comme d’autres instituts religieux, « à exercer son rayonnement, à revenir à l’inspiration qui lui avait donné naissance. Marguerite Bourgeoys avait exhorté ses premières compagnes à aller partout où on avait besoin d’elles pour porter le message de l’amour de Dieu93. » Répondant à cet appel à retourner à l’inspiration fondatrice de leur Congrégation,

des sœurs continuent d’enseigner dans des écoles et des collèges établis [tandis que] d’autres, au Canada et aux États-Unis, vont répondre à divers besoins éducatifs et pastoraux, parfois dans les villes mais aussi dans les régions plus éloignées. D’autre encore assistent les réfugiés et collaborent avec des groupes qui promeuvent la justice sociale et viennent en aide aux familles. Comme Marguerite, les sœurs ont adopté un code vestimentaire adapté à leur temps et elles se sont mises à vivre en petits groupes près des gens qu’elles espèrent servir94.

Le Regroupement des personnes associées

Depuis 1980, la Congrégation s’est enrichie de personnes associées à la Congrégation : « femmes et hommes, célibataires et mariés, [qui] inspirés par le charisme et l’action de Marguerite Bourgeoys, essaient de faire passer cette inspiration dans leur foyer et au travail tout en appuyant le travail de la Congrégation et en y participant95. » La Congrégation renoue ainsi avec une tradition qui remonte au tout début de Ville-Marie alors que Marguerite Bourgeoys « [mettait] sur pied la Congrégation externe pour répondre aux besoins spirituels de la colonie, le 2 juillet 1658. Cette congrégation externe est l’ancêtre des personnes associées96. » On trouve maintenant plus de 900 personnes associées à la Congrégation97.

En Amérique centrale et en Afrique

Le 13 janvier 1960, une lettre pastorale de l’Épiscopat canadien sur la coopération apostolique Canada-Amérique latine lançait aux communautés religieuses « une invitation très pressante à considérer l’Amérique latine comme le champ qui, entre tous, [s’imposait] à leur apostolat extérieur98. » En réponse à cette invitation pressante, la Congrégation décide de fonder une mission en Amérique latine. En octobre 1962, après un stage de quatre mois au Centre de formation de Cuernavaca, au Mexique, cinq sœurs allaient ouvrir une première mission à Tegucigalpa, au Honduras. D’autres allaient suivre au Guatemala (1964), au Chili (1965-1973) et au Salvador (1988)99.

Dans ces pays de l’Amérique centrale, les sœurs accomplissent « du travail pastoral, souvent auprès des pauvres de la ville, parfois en milieu rural où le prêtre passe rarement. Elles s’efforcent notamment de rendre autonome la population locale et de construire des communautés de base, de former des catéchètes et de mettre sur pied des programmes d’alphabétisation100. » Partout, elles mettent l’accent sur la promotion de la condition des femmes et l’apostolat des jeunes. À partir de 1986, des jeunes femmes originaires de ces régions sont devenues membres de la Congrégation, et de nombreuses personnes associées collaborent à leur mission.

En 1970, en réponse à un appel des évêques d’Afrique, six sœurs de la Congrégation de Notre-Dame arrivent au Cameroun. « C’est à Makak, un village de brousse au centre du pays, que commencent à œuvrer quatre [d’entre elles], dans l’enseignement d’abord, puis dans diverses autres formes d’action éducative101. » Elles ouvrent ensuite d’autres missions à Kumbo, à Maroua, à Méri, à Ngaoundéré et à Yaoundé. En plus d’être « actives dans l’enseignement, religieux et profane, et dans la formation des maîtres, [e]lles dirigent un pensionnat, font de la pastorale diocésaine et paroissiale, de la direction spirituelle et travaillent à la promotion des femmes et de la classe ouvrière102. » Aujourd’hui, des jeunes Camerounaises se sont jointes aux sœurs originaires d’Amérique du Nord, et des personnes associées camerounaises collaborent aux œuvres de la Congrégation.

Sainte Marguerite du Canada

Marguerite Bourgeoys est morte le 12 janvier 1700. Lors de ses funérailles, le lendemain, « parmi les plus importantes qu’eût connues la Nouvelle-France », l’un des prêtres présents fit la remarque suivante : « Si les saints se canonisaient comme autrefois, par la voix du peuple et du clergé […] on dirait demain la messe de Sainte Marguerite du Canada103. » Près de trois siècles devaient s’écouler avant que ce constat devienne réalité. Déclarée vénérable par le pape Léon XIII en décembre 1878 et bienheureuse par le pape Pie XII en 1950, Marguerite fut finalement canonisée le 31 octobre 1982 par le pape Jean-Paul II en la basilique Saint-Pierre de Rome104. Cet événement fut accueilli avec une grande joie au Canada, dont elle devenait la première sainte, et dans tous les pays où œuvrait la Congrégation, spécialement à Troyes, sa ville natale où une mission avait été ouverte en 1981105.

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