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1850-1899 : Nouveaux horizons et nouveaux défis

Expansion en Amérique du Nord

Les sœurs de la Congrégation commencent aussi à ouvrir des missions dans ce qui est aujourd’hui l’Ontario. En 1841, en réponse à un appel de Mgr Alexander MacDonnell, premier évêque du Haut-Canada, et avec le consentement de Mgr Bourget, elles commencent à enseigner à Kingston, alors capitale du Canada-Uni63.

En 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique vient unir les provinces de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, du Québec et de l’Ontario. Le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard adhèreront à l’union respectivement en 1870, 1871 et 1873. C’est l’époque de la construction de grandes voies ferrées pour relier l’Atlantique au Pacifique et d’une immigration continue, surtout vers l’Ouest, d’industrialisation croissante et, dans le centre du pays, de déplacement des populations rurales vers les centres urbains64.

C’est une période de très grande expansion pour la Congrégation qui, entre 1855 et 1899, ouvre 90 nouvelles missions, dont 44 en dehors de la province du Québec. Au début du 20e siècle, on trouve 1157 sœurs œuvrant de diverses façons dans des écoles au Canada et aux États-Unis. En général, les sœurs établissent ces missions à l’invitation des curés et des évêques, parfois pour desservir une population francophone, mais toujours pour être au service des familles catholiques65.

Les défis auxquels faisaient face les sœurs étaient variés et considérables. Comme l’éducation était devenue une compétence provinciale avec l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, les sœurs devaient satisfaire aux exigences de chaque milieu d’enseignement, des villages de pêcheurs ou de mineurs de la côte Est aux petites villes industrielles de la Nouvelle-Angleterre et aux métropoles en développement sur les îles de Manhattan et de Montréal66. Étant donné la diversité des diocèses où les sœurs enseignaient, le statut de la Congrégation changea, devenant un institut pontifical, et non plus diocésain, à la fin des années 186067.

Accès aux études supérieures pour les femmes

À cette époque, l’accès des jeunes filles aux études supérieures est considéré avec hostilité par un grand nombre. Le premier établissement universitaire catholique pour les femmes « fut le collège Mont-Saint-Bernard, affilié à l’Université Saint-François-Xavier d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Le Mont-Saint-Bernard était né d’une institution fondée par la Congrégation à Antigonish en 188368. »

En 1856, le Conseil de l’instruction publique de la province de Québec est institué et une loi ordonne la création d’écoles normales. En 1857, trois établissements voient le jour : à Québec, l’École normale Laval, pour les garçons et les filles; à Montréal, l’École normale McGill, pour les anglophones, et l’École normale Jacques-Cartier, pour les francophones. Initialement, cette dernière n’accueille que des garçons69.

Les femmes ont le droit de se présenter devant les bureaux d’examinateurs, mais manquant de formation, elles sont réduites à n’enseigner que les premières années du primaire. Une grande avancée dans l’histoire de l’accès des filles à l’instruction se produit le 3 octobre 1899, avec l’ouverture de la section des filles de l’École normale Jacques-Cartier dans la Maison mère du Vieux-Montréal70.

Dans le dernier quart du dix-neuvième siècle, la Congrégation se lance dans la publication de manuels scolaires qui seront utilisés dans ses écoles mais aussi dans d’autres écoles71.

Suite - 1900-1960 : Franchir les anciennes frontières
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