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Fondements

L’École française de spiritualité

L’origine de la Congrégation de Notre-Dame est inséparable de l’École française de spiritualité, rameau du grand mouvement de ferveur lié à la Réforme catholique. La personne de Jésus Christ est au cœur de ce courant spirituel. La Pentecôte, célébration de la venue de l’Esprit du Christ ressuscité et de la naissance de l’Église, revêt une très grande importance. On insiste particulièrement sur la dimension missionnaire de la vie chrétienne et on considère l’éducation comme un moyen d’action privilégié. Ces caractéristiques de l’École française de spiritualité s’expriment avec force dans les visées de la Société de Notre-Dame de Montréal comme dans celles de Marguerite Bourgeoys. Elles font aussi comprendre le profond désir de celle-ci de fonder une communauté de religieuses non cloîtrées, libres de circuler au milieu des personnes qu’elles cherchent à servir1.

Ville-Marie : une société chrétienne modèle

Ville-Marie doit son origine au désir de transmettre la foi chrétienne aux peuples autochtones de la Nouvelle-France. Inspirés par les Relations des Jésuites qui font connaître l’œuvre missionnaire dans le Nouveau Monde, Jérôme Le Royer de la Dauversière et Jean-Jacques Olier réunissent un groupe de prêtres et de laïcs afin de mettre sur pied la Société de Notre-Dame de Montréal. Ces hommes et ces femmes forment le projet de fonder et de financer une société chrétienne modèle où Français et Amérindiens vivraient en harmonie.

On recrute une quarantaine de colons et deux responsables, tous deux Champenois, sont nommés : Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance, celle-ci ayant pour mandat d’ouvrir un hôpital. Malgré de nombreux obstacles, Ville-Marie voit le jour à la mi-mai 1642 sur l’île de Montréal, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais2.

Marguerite Bourgeoys

Marguerite Bourgeoys naît à Troyes, l’ancienne capitale de la région de Champagne, d’un père maître chandelier et d’une mère issue d’une famille de tisserands. Comme les filles de sa classe sociale, elle apprend non seulement à tenir maison, mais aussi la lecture, l’écriture et la comptabilité indispensables à la gestion de la petite entreprise familiale. Dotée d’une heureuse disposition et très populaire auprès de son groupe d’amies, elle décide toutefois de consacrer sa vie à Dieu en 1640; elle fit alors l’expérience d’une « touche de grâce » pendant la procession du rosaire au moment où elle passait devant le portail de Notre-Dame-aux-Nonnains. En regardant la statue elle fut « si touchée, si changée [qu’elle] ne se connaissait plus »3, et tout son entourage s’en aperçut.

Elle a vingt ans. Après avoir tenté sans succès d’entrer dans une communauté contemplative, elle se joint à un groupe de jeunes laïques dirigées par Louise de Chomedey, une religieuse de la Congrégation cloîtrée de Notre-Dame de Troyes, fondée par Alix Le Clerc et Pierre Fourier. Ce dernier était un pédagogue d’avant-garde qui voyait dans l’éducation un moyen privilégié pour aider les pauvres à améliorer leur situation et à vivre dans la dignité.

Marguerite Bourgeoys commence donc son œuvre d’éducation sous la direction d’un groupe de femmes qui utilisaient les méthodes d’éducation les plus avancées de l’époque.

Premier essai de communauté nouvelle

C’est dans les années 1640, alors qu’elle travaillait à la congrégation externe sous la direction de Louise de Chomedey, que Marguerite Bourgeoys commence à nourrir le rêve d’une nouvelle forme de vie religieuse féminine : « Monsieur Gendret (son directeur spirituel) m’expliqua un jour, dit-elle, que Notre Seigneur avait laissé trois états de vie où les femmes peuvent servir l’Église : celui de sainte Madeleine, qui est déjà assuré par les Carmélites; celui de sainte Marthe, qui se continue dans le travail des religieuses cloîtrées au service du prochain; et un troisième, celui de la "vie voyagère" de la Sainte Vierge, dont il faudrait s’inspirer mais qui n’a pas encore d’émules4. » Comme elle l’explique dans ses Écrits : « Or, la Sainte [Vierge] n’a jamais été cloîtrée. Elle a bien été retirée dans sa solitude intérieure, mais elle ne s’est jamais exemptée d’aucun voyage où il y eut quelque bien à faire ou quelque œuvre de charité à exercer5. »

Avec deux compagnes, elle mettra même sur pied cette nouvelle forme de communauté inspirée de la vie de Marie. Monsieur Gendret rédige même une règle qui sera approuvée par les théologiens de la Sorbonne. Toutefois, cet essai sera de courte durée, car l’une des jeunes femmes meurt et l’autre se marie6. Malgré cet échec, son directeur spirituel lui permet de prononcer des vœux privés : « Je me suis donnée à Dieu en 1640. Quelques années après, j'ai fait vœu de chasteté, par l'avis de mon confesseur, et peu après, j'ai fait vœu de< pauvreté7. »

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