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Sœur Mary Eileen Scott

Par Patricia Simpson, CND

Une enfance heureuse

S’il est vrai que notre conception de Dieu est profondément influencée par nos tout premiers contacts avec nos parents, l’émerveillement et la joie de savoir que Dieu était fier d’elle provenaient certainement de la fierté et de la joie qu’éprouvaient les parents d’Eileen pour leur fille unique.

Fille de Michael Scott et de Sarah Foley de Montréal, Eileen est née le 27 janvier 1908, dans ce qu’elle a décrit comme la « faible lumière d’une journée de tempête d’hiver ». Elle fut baptisée en l’église Saint Anthony le 2 février, date qu’elle présentera plus tard comme prophétique puisque c’est la fête de la purification de la Vierge Marie. Ses deux parents, dont les ancêtres avaient quitté l’Irlande pour immigrer à Terre-Neuve au début du dix-neuvième siècle, étaient partis de Terre-Neuve pour s’établir à Montréal. Eileen était très fière de ses origines irlandaises et avait un grand intérêt pour la culture celtique. Cependant, Montréal, sa ville natale, demeurerait l’endroit qu’elle aimerait plus que tout autre.

Dans sa famille, elle allait connaître l’amour, l’admiration et l’adoration réservés aux enfants uniques doués (le seul autre enfant du couple, un garçon, est mort-né lorsqu’Eileen avait deux ans). Et comme elle n’avait qu’un seul autre cousin, elle faisait l’objet du dévouement de plusieurs de ses tantes. Sœur Helen Brophy, qui a connu Eileen avant ses dix-sept ans et qui devait demeurer une amie fidèle tout au long de sa vie explique : « Si elle n’a pas été gâtée au-delà de la rédemption, c’est grâce à l’attitude pleine de bon sens de ses deux parents. Ils aimaient profondément leur fille. Elle était toujours traitée comme une personne à part entière, mais il était clair qu’il y avait des limites à respecter ».

Dans son autobiographie rédigée à la fin de son noviciat, Eileen confie qu’elle n’a pas conservé de profondes impressions de son enfance « à l’exception du souvenir de ma réputation de timide, réputation non fondée, que mon caractère a par la suite démentie ». Un jour elle avait raconté qu’elle avait assisté à une soirée costumée, déguisée en tomate. Bien que ce déguisement fût assez peu conventionnel pour l’époque, sa mère et ses tantes firent preuve d’ingéniosité et c’est une tomate heureuse qui se rendit à une soirée inoubliable. Une de ses tantes était chapelière, une autre travaillait dans le commerce d’une modiste. Eileen devait garder pour toujours un profond respect pour les personnes qui exercent les arts utiles.

Des années plus tard, lorsqu’elle fit remarquer que Marguerite Bourgeoys avait décrit la texture même de la robe portée par la Vierge dans sa vision matinale qui confirma sa vocation de partir pour Montréal, Eileen attribua cela, en partie, au fait que la famille de Guillemette Garnier travaillait dans l’industrie du textile, se rappelant peut-être ainsi son propre intérêt pour le travail de ses tantes. Sœur Helen Brophy décrit les parents d’Eileen ainsi : « Son père et sa mère étaient tous deux intelligents, vifs d’esprit et perspicaces et leur fille se devait de réagir à leurs propos avec discernement et habileté. Elle a dû apprendre à rire d’elle-même lorsqu’on la poussait à faire des bêtises ».

Premiers contacts avec la Congrégation de Notre-Dame

C’est à l’école Saint Anthony, où elle fit ses quatre premières années d’école primaire, qu’Eileen rencontra pour la première fois les sœurs de la Congrégation. Elle fréquenta ensuite « l’école d’application » de l’École normale (maintenant la Maison généralice et le Notre-Dame Secretarial College), où elle fit sa huitième année. Elle termina l’école secondaire dans les classes récemment mises sur pied à la Maison mère et obtint son diplôme en 1924. Elle commença ensuite ses études au Notre Dame Ladies College. Elle passa sa dernière année au Collège Marguerite Bourgeoys et obtint, en 1927, son baccalauréat ès arts, avec mention cum laude ainsi que la Médaille du Lieutenant-Gouverneur. En juin de la même année, elle reçut son diplôme d’enseignement du Québec avec la plus haute mention. Le parcours académique d’Eileen durant ces années reflète l’implication grandissante de la Congrégation dans le domaine de l’éducation supérieure pour les femmes au Québec dans les premières années du XXe siècle.

L’album des finissants réalisé par Eileen lors de sa dernière année d’études montre à quel point elle est demeurée constante dans son caractère et ses intérêts. Le premier texte de l’album, rédigé par Eileen, intitulé A Romance of Yore : 1620-1700 (Une histoire d’antan, 1620 à 1700) est, bien entendu, le récit de la vie de Marguerite Bourgeoys. Plus tard. Eileen révélera les inexactitudes de certains détails factuels dans ce texte, mais sa vision de cette femme qu’elle admirait tant ne devait que s’approfondir au fil des ans.

Dès le début, Eileen voyait au-delà du parfois rebutant « fort, doux et joyeux ». Ses textes sur Keats et sur la musique révèlent son amour de la beauté qui devait la caractériser tout au long de sa vie. Dans un registre plus léger, les prédictions habituelles que l’on retrouve dans ce type d’album démontrent non seulement la constance de caractère d’Eileen, mais également la perspicacité de son amie et coéditrice, Helen Brophy, qui écrit : « Scintillants dans le crépuscule, les esprits faiblissent à l’aube, mais retrouvent leur puissance à midi… Friande de caramels au chocolat et de musique et amatrice de littérature…. ».

Helen prédit des triomphes, des honneurs, des voyages à travers le monde, des diplômes qui feront d’Eileen une personne « des plus cultivées ». Elle prédit ensuite que son amie connaîtra « un merveilleux changement qui se fera jour en elle : cette enfant gâtée dont le monde entier avait assouvi tous les caprices entendra un hymne dans son âme ».

Cet album des finissants nous offre également un portrait fascinant d’un monde qui venait de voir le jour et qui a aujourd’hui presque disparu : celui des collèges pour femmes. Il s’agissait là de la formation de femmes aux intérêts et aux talents multiples. Les cours incluaient non seulement les sujets habituels tels que les arts et les sciences (les étudiantes recevant un éventail complet de cours dans les deux matières), mais également d’autres sujets aussi variés que le grec ancien, la musique et l’escrime. Aux efforts des professeurs de la CND s’ajoutaient ceux de professeurs laïques éminents. Le professeur de musique, par exemple, venait de l’Opéra de Paris.

Parmi les professeurs invités, on comptait des sommités comme Étienne Gilson. Plusieurs évêques de différents pays francophones et anglophones visitèrent le Collège, l’un d’eux venu d’aussi loin que de l’Australie. Tous souhaitaient observer le fonctionnement d’une institution catholique dédiée à l’enseignement supérieur des femmes. Dans leurs discours, tous ont fait comprendre aux jeunes femmes l’immense responsabilité qu’elles avaient envers l’Église et la société pour laquelle leur éducation les préparait.

Le plaisir était également au rendez-vous : un défilé costumé impromptu lors d’une demi-journée de congé inattendue, ou la préparation rapide d’une production de Hamlet lorsqu’elles découvrirent que leur professeur d’anglais célébrait un jubilé d’argent (Eileen qui jouait le rôle de Polonius parla du maintien du professeur qui « surpassait de loin par la langue et la philosophie n’importe quels sommets atteints par l’immortel Shakespeare »). Il est évident que ces jeunes femmes se voyaient comme des pionnières – l’une d’elles compare même le groupe aux premières femmes qui ont colonisé Montréal.

Elles adoraient leurs professeurs de la CND. Jusqu’à sa mort, Eileen conserva, dans les pages de son livre de prières, une carte commémorative de sœur Saint Madeline-de-Sion qui mourut peu de temps après l’entrée d’Eileen au Collège. Elles affichaient également une profonde appréciation pour le travail d’enseignante. L’une d’elles cite ainsi Platon : « Après la création d’une âme, la chose la plus divine est de l’éduquer comme il faut. » Ces mots n’étaient pas que des paroles en l’air.

Parmi les noms qu’on retrouve dans l’album des finissantes, Helen Brophy, Charlotte Cadoret, Estelle Perrier et Eileen Scott allaient toutes grandement contribuer à l’apostolat de l’éducation à l’intérieur de la Congrégation. On note aussi le nom des professeurs laïcs, dont Béatrice Curotte qui devait passer ses années d’enseignement à l’Académie Saint-Paul.

Une candidate non conformiste

Le témoignage d’une ancienne élève d’Eileen, qui travaille aujourd’hui à Vancouver, démontre comment celle-ci continua à transmettre l’esprit de son collège et comment cet esprit est en quelque sorte encore intact et est toujours transmis aujourd’hui :

Sœur Scott parlait du couvent comme étant le seul endroit où une femme pouvait vivre une vie d’intellectuelle. Nous comptons, parmi les aspects les plus positifs de notre éducation […] le fait d’avoir fait partie, durant nos années de formation, d’une communauté de femmes. Je n’étais que vaguement consciente de l’importance de cette chance de pouvoir développer mes talents, de pouvoir prendre des risques, dans toute la sécurité physique et émotionnelle que procurait l’enceinte d’un collège pour femmes. J’ai dû me battre pour pouvoir recréer une telle atmosphère trois heures par semaine à l’intérieur de cette oasis que sont les études féministes dans la communauté dans laquelle j’ai enseigné.

Bien qu’elle avait déjà commencé à penser de façon définitive à la vie religieuse lors de sa dernière année de secondaire, Eileen poursuivit ses études à l’Université McGill et obtint, un an plus tard, sa maîtrise ès arts en études anglaises avec mineure en littérature française. Sa thèse portait sur les romans de mœurs écrits par des femmes auteurs. Dans les années qui suivirent, elle enseigne à Marguerite-Bourgeoys et travaille comme secrétaire de direction pour la campagne commémorative D’Arcy McGee. En août 1929, elle entre dans la Congrégation.

Pour une personne aussi non conformiste qu’Eileen, le noviciat a dû être une période difficile. Deux facteurs ont permis d’assurer sa persévérance. Le premier est sa foi profonde, une foi directe et simple qui demeura évidente jusque dans ses dernières années de souffrance. Une foi qui est si touchante quand on la retrouve chez une personne qui possède une intelligence profonde et une grande culture. Le deuxième facteur est sa mère maîtresse. Jusqu’à la fin de sa vie, Eileen parla de Mère Saint-Valerian (maîtresse des novices et plus tard supérieure générale de la Congrégation) avec une grande affection et beaucoup d’admiration. Cette femme possédait une générosité d’esprit et de cœur qui lui permettait de voir et d’apprécier les dons d’esprit et d’intelligence qu’Eileen apportait à la Congrégation, alors qu’une personne moins perspicace aurait rejeté une candidate si anticonformiste. En août 1931, Eileen fit profession et partit commencer son travail de sœur de la Congrégation dans son bien-aimé Collège Marguerite-Bourgeoys.

La vie d’enseignement d’Eileen devait la conduire dans les trois provinces anglophones de la communauté. De 1931 à 1943, elle travailla au Collège Marguerite-Bourgeoys, à l’Institut pédagogique et à l’école secondaire D’Arcy McGee, à Montréal. Elle enseignait non seulement l’anglais, le latin et l’histoire du Canada, mais également l’art de parler en public et l’art de la discussion. La première période de sa carrière se termina en 1943 au moment où elle partit pour New York afin de poursuivre ses études doctorales à l’Université Fordham. Le décès de sa mère bien-aimée en décembre de l’année précédente, à la suite d’une longue maladie dont Eileen allait plus tard souffrir elle-même, permit à cette fille unique de quitter Montréal avec l’esprit plus en paix qu’il n’aurait été possible autrement. Eileen resta à Blessed Sacrament durant quatre ans et termina ses études pour l’obtention de son doctorat en études anglaises qu’elle reçut en 1947.

En plus de ses études, elle enseigna au Notre-Dame College, à Staten Island ainsi qu’au Saint Jean’s High School, à New York. En septembre 1947, elle retourne dans la province Holy Angels et elle enseignera pendant cinq ans au Notre-Dame College à Ottawa.

À la découverte de Marguerite Bourgeoys

À cette époque, elle était de plus en plus absorbée par son travail de recherche et d’écriture sur Marguerite Bourgeoys. En 1950, année de la béatification, sa pièce The Constant Heart (Un cœur constant) fut produite ainsi que la pièce Cantata in Honour of Blessed Marguerite Bourgeoys (Cantate en l’honneur de la bienheureuse Marguerite Bourgeoys) à laquelle elle avait collaboré avec sœur Charlotte Cadoret. En septembre 1952, Eileen se retrouve dans la province Saint Joseph où elle devait passer les trois prochaines années à enseigner au Mount Saint Bernard. En 1955, elle retourne à Montréal pour s’installer à D’Arcy McGee.

Dans les années qui suivirent, d’Eileen allait consacrer de plus en plus de temps à ses recherches sur la vie et l’époque de Marguerite Bourgeoys. Mère Sainte-Marie-Consolatrice, la supérieure générale de la Congrégation de 1952 à 1964, devait apporter confirmation et validation à ce précieux travail. Toujours fidèle, Eileen garda près d’elle, jusqu’à sa mort, une photo de cette bonne amie. L’épais dossier élaboré par Eileen est un témoin éloquent des longues, longues heures passées dans les archives, du minutieux travail d’interprétation des documents manuscrits datant du XVIIe siècle et de la difficile quête d’authenticité. À lui seul, le fruit de ce travail a une valeur inestimable pour la Congrégation et pour l’étude de Marguerite Bourgeoys. Mais la recherche au Canada n’était pas suffisante. En 1959, Eilleen prit donc contact avec monsieur Alfred Morin, archiviste et bibliothécaire adjoint de la bibliothèque municipale de Troyes.

La correspondance entre Eileen et Alfred Morin, qui devait se poursuivre jusqu’à peu de temps avant la mort d’Eileen, est une lecture fascinante. Tous deux sont extrêmement intéressés dans la recherche qu’ils partagent, les deux s’enthousiasment pour les questions soulevées et auxquelles Morin parvient parfois à trouver des réponses, les deux sont euphoriques lorsqu’un nouvel élément est découvert. De plus, les lettres révèlent l’évolution de ce qui devait devenir, pour tous deux, une amitié chaleureuse. Cette amitié se fortifiera lorsqu’Eileen pourra enfin visiter Troyes lors d’un voyage en Europe qui lui permettra également de voir la Grèce (dont elle avait longtemps apprécié enseigner les drames classiques) et bien sûr l’Irlande, pays de ses ancêtres.

Durant les vingt ans qui suivirent, Eileen travailla non seulement à constituer un corpus de recherche sur Marguerite Bourgeoys, mais également à partager les résultats de son travail avec la Congrégation et avec le grand public. Elle voyagea dans chacune des provinces anglophones pour parler de Marguerite Bourgeoys aux sœurs qui l’admiraient et qui l’aimaient et qui trouvaient en elle l’inspiration pour affronter la période difficile que la Congrégation commençait à traverser. Toujours intéressée par les jeunes, elle prenait un plaisir spécial à travailler avec les novices dans les différentes provinces. Elle parlait à des groupes de l’extérieur, en personne ou en écrivant des articles dans les journaux ou en parlant à la radio et à la télévision. Elle continuait également à enseigner à Marianopolis. Lorsque le collège s’agrandit, elle deviendra la première chef du département d’anglais. Elle enseigna également à l’Institut Thomas More où ses collègues et ses étudiants adultes étaient pour elle une source de stimulation continuelle.

Un des événements majeurs dans cette période de sa vie est le rôle qu’elle a joué dans la révélation, à la lumière du jour, à la Congrégation et au monde, du vrai portrait de Marguerite Bourgeoys réalisé, sur son lit de mort en 1700, par le peintre Pierre Le Ber. Eileen avait longtemps été convaincue que le portrait vénéré par la Congrégation comme étant le portrait peint par Le Ber ne pouvait pas être authentique puisqu’il n’avait pas été réalisé dans le style de l’époque. En 1963, elle persuade Mère Saint Marie-Consolatrice de faire examiner l’œuvre par un expert, l’artiste et restaurateur new-yorkais Edward O. Korany. Le résultat est bien connu : sous le portrait de Marguerite Bourgeoys si familier à la Congrégation durant un siècle et demi était dissimulé un autre portrait qui a tant ému le restaurateur que lorsqu’il le vit pour la première fois, il ne put que s’exclamer : « Compassion! ». Eileen en était elle-même venue à croire que cette qualité était justement le trait dominant de la personnalité de Marguerite.

Les bouleversements

La fin des années 60 fut une époque de changements, non seulement dans la Congrégation, mais également dans le monde de l’éducation au Québec. Eileen, diplômée du premier collège pour femmes de la province, planifiait activement des cours pour le programme du Cégep nouvellement créé. Ses idées démontrent sa constante préoccupation pour le bien-être de ses élèves ainsi que son amour indéfectible pour Montréal. « Angoisse et espoir », un cours sur la littérature de genre, visait à aider les élèves à comprendre les problèmes complexes de leur époque et à trouver des solutions à ces problèmes. Le cours intitulé « La montagne et le fleuve » visait à leur faire découvrir la littérature portant sur leur propre ville (à la fin des années 60, Eileen était très préoccupée par la façon dont les promoteurs immobiliers transformaient Montréal à un rythme sans précédent : « Bientôt, écrivait-elle à M. Morin, nous ne verrons ni la montagne ni le fleuve »).

Même si elle ne suivait pas les modes, elle restait ouverte aux nouvelles idées et aux nouvelles façons d’être, car elle croyait au conseil de saint Paul de tout examiner et de retenir ce qui est bon. Elle était une innovatrice douée qui sut éviter les innovations superficielles, peu judicieuses et destructives parce que ses actions étaient profondément ancrées dans une tradition qu’elle appréciait. Son ouverture d’esprit s’étendait non seulement aux nouvelles idées, mais également aux nouvelles technologies. Avec quelle joie cette enthousiaste du lecteur de microfilm et de la machine Xerox aurait accueilli le traitement de texte et le télécopieur!

Bien sûr, il y eut bien des ennuis personnels et des difficultés au cours de ces années. Le voyage en Europe en 1962 ne fut possible que parce que son père était décédé à l’automne 1961. Elle avait écrit à M. Morin qu’en tant que fille unique, elle ne pouvait pas envisager un voyage en France alors que son père était malade. Comme Marguerite elle comprenait que demeurer près d’un parent bien-aimé durant sa maladie était une consolation. Mais la mort de son père fut un grand chagrin pour elle. Elle avait également commencé à souffrir de la maladie qui devait constituer un handicap croissant plus tard dans sa vie. La surdité devait la priver dans un premier temps de la musique qu’elle aimait tant, puis des conversations stimulantes qu’elle appréciait tellement et enfin de tous les sons du monde extérieur.

Comme elle avait vu les conséquences de la maladie chez son père, elle ne se faisait pas d’illusions sur ce qui l’attendait et après avoir versé quelques larmes, elle ne devait plus jamais s’en plaindre. C’était là un des traits de caractère d’Eileen : des bagatelles pouvaient l’irriter profondément, mais jamais elle ne se plaignit (du moins pas avant qu’elle ne soit confrontée à de grandes souffrances à la fin de sa vie). En plus de sa surdité croissante, elle fut également hospitalisée durant plusieurs semaines après qu’elle eut été heurtée par un autobus. Plus tard elle devait subir deux interventions chirurgicales, la première pour un cancer et l’autre pour l’arthrite.

Dans le passage suivant, écrit au début des années 1970, Eileen réfléchi à son travail et à son époque :

La révolution va-t-elle tuer le souvenir de Marguerite Bourgeoys, un souvenir maintenant vieux de trois cents ans? Dans une étable abandonnée de Montréal, elle est venue enseigner aux enfants à grandir – et maintenant, plus personne ne grandit. Née dans une ville aux cent clochers, elle a construit une église de pèlerinage au bord du fleuve et plus personne ne fait de pèlerinage. Les pèlerinages c’est pour les marins qui viennent et qui vont, tels des oiseaux. Quel mot ambigu ce mot est devenu, comme bien des mots. Les successeurs de Marguerite – ici j’essaie d’être pertinente – essaient d’instruire les « oiseaux ». Je suis l’une d’elles – un membre des deux groupes. À première vue, cela semble facile.
Elle ne parlait pas seulement de l’amour, mais elle vivait l’amour. Elle offrit son matelas une nuit d’hiver canadien, elle vécut pauvrement avec les pauvres, s’identifiant à ces derniers et à leurs problèmes, elle refusa les traitements de faveur, elle faisait preuve d’autorité sans être arrogante, amenant les autres à obéir par amour plutôt que par contrainte, elle voyait le Christ dans chacun, cédant à l’exploiteur pour qu’il puisse être ramené dans la voie de l’amitié. Elle résume le tout comme suit : « Ce n’est pas assez pour Dieu de nous voir vivre dans la charité avec notre voisin, il faut que notre voisin partage cette même attitude d’amour dans sa relation avec nous. Ainsi, chaque fois qu’une jeune personne me ferme la porte au nez, me bouscule dans les escaliers, me marche sur les pieds dans sa hâte de se rendre au salon pour sa pause de dix minutes, j’essaie d’aimer les jeunes voyous à qui sœur Bourgeoys est venue enseigner – j’essaie. Mais comment faire pour les placer dans une attitude d’amour envers moi? »

Le portrait d’Eileen serait incomplet si je ne mentionnais pas le côté plus léger de ses activités à cette époque. D’abord opposée à la disparition de l’habit, elle devait beaucoup s’intéresser, par la suite, à l’acquisition de vêtements qu’elle jugeait convenables et à leurs retouches. Les vêtements décontractés n’avaient pas grâce à ses yeux : l’étymologie du mot élégant est « avec des gants » disait-elle. De nombreux chapeaux furent ramenés à la maison pour être essayés et ensuite conservés ou échangés.

Elle appréciait énormément les comics, en particulier « Peanuts ». En plus de se tenir au courant dans les domaines de la théologie et de la littérature, elle passa de nombreuses heures de détente à lire des romans policiers qu’elle prêtait volontiers à ceux qui pouvaient y trouver du plaisir. Elle aimait aussi les petits enfants et les livres pour enfants et s’employait à tricoter des chandails aux motifs complexes et amusants, allant même jusqu’à créer ses propres motifs. Par-dessus tout, son sens de l’humour ne la quitta jamais, pas plus que son esprit empreint d’ironie et d’autodérision. Elle aimait ce poème de John Thomas Carlisle qu’elle avait recopié. Le titre du poème est « Le fouineur » :

C’était un homme de prière
Dans un sens négatif…
souvent il
prenait le temps
de réprimander
Dieu.

Mais le temps lui était compté. Avec le déménagement imminent du Collège Marianopolis de la rue Peel, elle partit vivre, en 1974, à la résidence MacGregor. Même si elle n’enseignait plus à Marianopolis, elle resta en contact avec les gens qu’elle y connaissait ainsi qu’avec ses collègues de l’Institut Thomas More. Elle essaya d’entreprendre l’écriture d’un livre sur la vie de Marguerite Bourgeoys, tâche pour laquelle elle avait tant travaillé. Elle se releva d’un premier léger accident vasculaire cérébral en mai 1979. Mais d’autres AVC subséquents, alliés à une santé déclinante, la forcèrent à déménager à la Villa Marguerite à Pierrefonds en 1981, peu de temps après la célébration de son cinquantième anniversaire de profession.

À la Villa Marguerite, ses dossiers furent organisés et on lui prépara un agréable bureau tout près. Cependant, sa santé vacillante et l’affaiblissement de ses forces limitaient de plus en plus ses activités. C’est avec la plus grande des difficultés qu’elle enregistrera une réflexion qui devait accompagner la présentation de la peinture de Le Ber lors de la célébration de la canonisation de Marguerite en 1982.

Le dernier texte qu’elle a écrit démontre que même malade et isolée à cause de ses forces défaillantes, elle fait part d’inquiétudes qui ne devaient devenir courantes que plusieurs années plus tard :

Seigneur Dieu, mon Père, merci pour cette belle Terre que les hommes ont réussi à ruiner et à rendre hostile et menaçante. Merci pour la splendeur du rouge et pour la fraîcheur profonde du vert, pour la chaleur du brun et la royauté du bleu, pour le chatoiement de l’or et de l’argent, et pour tous les métaux qui soutiennent nos maisons et se plient selon nos intentions, lesquelles sont parfois bien ridicules, et parfois destructrices également. Aidez-nous à retrouver la raison et à vivre avec modération et donnez-nous la grâce de renoncer à notre usurpation de votre rôle de créateur.
Nous avons un besoin pressant d’une main créatrice, d’un œil intelligent et d’un cœur aimant qui pourra toucher toutes les créatures, humaines et animales, pour que nous puissions à nouveau faire l’expérience de la paix paradisiaque et du calme qui était nôtre avant qu’ils ne soient détruits par la chute. Notre intrusion indiscrète dans ce rôle qui n’est que le vôtre a fait de l’univers un endroit rempli de peur et nous sommes entourés par la mort de tout ce que nous touchons. Aidez-nous à prendre conscience que nous sommes vos enfants, nous qui avons changé l’amour en haine et spolié tout ce que vous nous avez si généreusement donné, de telle façon que le salut semble bien loin dans le temps et l’espace et que nous sommes à peine émus par la vision de la beauté et par l’amour bienveillant que vous nous avez offerts si généreusement dans chaque moment de temps et d’éternité.
Alléluia et Amen.

Dans son cours sur le théâtre médiéval, Eileen a souvent enseigné la pièce Everyman , la plus grande de toutes les moralités, qui met en scène la disparition de tout ce qui nous a maintenus en vie alors que nous nous approchons de la mort. Parentèle (Kindred) avait déjà disparu. Sur un document de la communauté, à la question « proches parents », elle avait répondu : « aucun ». Plusieurs bons amis étaient partis et elle avait particulièrement été peinée par la mort subite de son cher ami Eric O’Connor, s.j., de l’Institut Thomas More, en 1980, juste avant Noël. Et maintenant venait l’abandon du soutien interne de la force, de la beauté et des cinq sens (Five Wits) – seul lui restait la foi.

Une de ses amies les plus chères dans la Congrégation venue la visiter ne put penser qu’à ces vers tirés de Hound of Heaven : «  Créateur infini !– Ah !Dois-tu carboniser le bois avant de pouvoir t’en servir pour écrire ? » À la Villa Marguerite, Eileen était entourée de quelques-unes de ses amies les plus proches et on s’occupait d’elle avec tendresse et dévotion. Cependant, dans les dernières années de sa vie, elle était complètement sourde, sa vue avait faibli, elle ne pouvait plus lire, ne parlait presque pas et endurait d’autres souffrances qu’elle n’était pas capable de mettre en mot. Mais elle priait. Peut-être se souvenait-elle de certains vers qu’elle avait fait dire à Marguerite dans The Constant Heart (Un cœur constant) :

C’est maintenant le temps de l’exil…
Je suis seule avec cette profonde solitude de l’âme
J’ai coupé tous les liens que me retenaient à toi…
Dans cette nuit sombre et agitée
Je ne connais que la lumière de Notre Dame
Mon Dieu, ma forteresse de pierres, ma haute tour
Soutiens-moi dans cette heure sombre
Où la lumière est absente…

Ou peut-être pouvait-elle seulement imiter ce personnage d’une histoire hassidique qu’elle aimait, qui « répétait inlassablement les lettres de l’alphabet en implorant Dieu de les assembler en une prière convenable ». Jusqu’à la fin de ses jours, elle allait à la chapelle, avec de l’aide, pour s’incliner devant l’autel et essayer de réciter la prière de Jésus. Vers la fin du mois d’octobre 1987, elle contracta une pneumonie. Durant sa maladie, celles qui l’aimaient (les sœurs de la Congrégation et Charlotte Tansey, une ancienne élève, collègue et amie fidèle) se relayaient à son chevet pour s’occuper d’elle. Elle mourut paisiblement tôt le matin du 10 novembre. Ses funérailles furent célébrées le 12 novembre à la « nouvelle » Maison mère, l’ancien Collège Marguerite-Bourgeoys, trente-sept ans après la béatification dont elle avait tant travaillé à traduire le sens en beauté. Elle fut enterrée dans le lot de la Congrégation sur le flanc de la montagne face au fleuve.

Un amour réciproque

Lorsque Mary Eileen Scott aimait, elle aimait de tout son cœur et son amour était généreux et multiple. Elle aimait sa famille et plus tard elle aima ses amis. Une fois accordée, son amitié était donnée de façon irrévocable. Il n’y avait pas de limites au mal qu’elle pouvait se donner pour un ami et elle multipliait les petits gestes de considération. Certains de ses traits de caractère en faisaient parfois une personne difficile à vivre, mais aucun de ses traits n’était dû à la méchanceté ou à la mesquinerie. Ils étaient dus plutôt à l’étourderie et elle les abandonnait ou en riait lorsqu’elle en prenait conscience.

Elle aimait l’enseignement et ses talents de professeure étaient exceptionnels. Les élèves étaient souvent terrifiés, ou du moins déroutés, lors de leur première rencontre avec « Mother Saint Miriam ». Mais leurs premières impressions cédaient vite à autre chose : l’émerveillement, l’admiration, la gratitude, le respect et en général l’affection.

Une élève a écrit :

Sœur Eileen était unique. Elle exigeait le meilleur d’elle-même et de ceux qui l’entouraient. Son incessante recherche de la vérité lui donna une approche réaliste et à cause de cela, elle était une enseignante supérieure qui a eu une influence marquante sur ses élèves et, en fait, sur tous ceux qui ont eu la chance de la connaître […] On se souviendra longtemps de notre ancienne professeure adorée, de son enseignement, de ses écrits, de son souci constant pour les gens et les questions sociales et par-dessus tout pour son profond amour de Dieu.

Et une autre ajoute :

Les méthodes d’enseignement uniques de Mère Saint Miriam ont déclenché mon intérêt constant pour le théâtre, un intérêt qui m’a suivi dans mes métamorphoses d’actrice, de productrice vidéo, et d’occasionnelle critique d’un jeune scénariste documentaire. Depuis, j’ai étudié plusieurs matières avec plusieurs professeurs, mais aucun d’eux n’a réussi à m’amener si loin, si rapidement. Sœur Eileen a chassé sans pitié les clichés et a mis à l’épreuve les cadres intellectuels boiteux.

Un commentaire d’Helen Brophy démontre à quel point cette qualité d’enseignante de sœur Scott était bien enracinée :

Comme étudiante, Eileen [...] aimait poser des questions et débattre des théories. Sœur Saint Eliza, le père Pineault, sœur Saint Madeline of Sion, monsieur Dombrowski, monsieur Atherton et même parfois Mère Sainte-Anne-Marie l’ont encouragée à croiser le fer et à faire des déductions pendant que nous, dans la classe, attendions emplis d’une parfaite gratitude!

Mais, si le souvenir Eileen est demeuré à jamais dans le cœur de ses élèves, elle non plus ne devait jamais les oublier : jusqu’à la fin, elle s’intéressa à leur sort. Au début des années 1980, elle écrivit à un jeune collègue de Marianapolis et de l’Institut Thomas More se désolant de la quantité de mariages brisés parmi ses anciens élèves et se demandant ce qu’elle aurait pu faire différemment pour les aider. Ses réflexions ne portaient pas seulement sur le passé, qui ne pouvait plus être changé, mais s’étendait à ce qu’elle pouvait faire pour ses élèves présents. Elle leur parlait avec enthousiasme d’un article récent paru dans la revue America qui proposait des solutions inventives à essayer. La lettre contient également l’expression de son profond regret d’avoir été finalement obligée de quitter l’enseignement. : « Ma démission a été motivée par le profond respect que j’ai pour les membres de l’Institut Thomas More, écrit-elle, je n’avais pas la conviction de pourvoir faire un bon travail. »

Même si elle n’a pas pu compléter la biographie qu’elle désirait écrire, Eileen a laissé de nombreuses preuves de son amour pour Marguerite Bourgeoys. Helen Brophy qui avait si bien deviné Eileen lorsqu’elles avaient toutes deux vingt ans la comprend toujours aussi bien soixante ans plus tard :

Comme plusieurs personnes pleines de talents, Eileen n’avait pas de patience pour la médiocrité, l’inapplication et le travail mal fait. Elle cherchait la perfection et cela fut sa force et sa ruine. Elle aida tellement de gens à accomplir des choses presque impossibles qu’on s’attendait à ce qu’elle réalise des choses encore plus grandes. Elle pouvait les satisfaire, mais elle ne pourrait jamais être satisfaite d’elle-même ! Son travail n’était jamais fini parce qu’il était toujours possible de l’améliorer. Dans un sens, elle n’a jamais commencé son livre. Il y avait toujours quelque chose d’autre à examiner, quelque chose d’autre à vérifier. Pendant ce temps, ses recherches se développèrent et grandirent dans son esprit et dans son cœur et se transposèrent dans de magnifiques articles, jusqu’à ce que Dieu dise : « Assez !Laissons à d’autres le soin de terminer la tâche – vous lui avez donné son âme. »

La compassion de Marguerite

Les magnifiques articles et les conférences réalisés par Eileen à l’intention de la Congrégation comprennent notamment :

  • A Spirituality of Compassion (Une spiritualité de la compassion)
  • Mother Bourgeoys on Porverty (Mère Marguerite Bourgeoys et la pauvreté)
  • Mother Bourgeoys and some Contemporary Notions of Obedience (Mère Marguerite Bourgeoys et quelques notions contemporaines sur l’obéissance)
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Eileen était une enseignante et l’enseignement était pour elle comme la Visitation qui a inspiré Marguerite Bourgeoys : un mystère concernant la communication entre les personnes. Par-dessus tout, c’était en parlant aux sœurs face à face qu’elle pouvait communiquer sa vision de Marguerite Bourgeoys. Ce ne serait pas une exagération de dire que sœur Eileen Scott, par ses paroles, a accompli les mêmes exploits que l’expert qui a enlevé les couches de saleté et de peinture du portrait de Le Ber : elle a restauré pour nous le visage sage et plein de compassion de Marguerite Bourgeoys.

Elle aimait Marguerite Bourgeoys et elle aimait la Congrégation de Marguerite. Eileen connaissait bien la Congrégation, tant son passé que son présent. Elle avait enseigné dans chacune des provinces anglophones et dans les milieux francophones de la communauté et avait conservé un vif intérêt pour le travail de la Congrégation en mission au Japon et en Amérique latine. La dernière chose qu’elle a faite à Mariapolis a été d’organiser une vente de charité afin de venir en aide aux missions en Amérique latine. Partout où elle est allée, elle a appris et elle s’est fait des amis avec qui elle est restée en contact. Son travail sur Marguerite Bourgeoys a été accompli pour la Congrégation. Elle a été très attristée par les nombreux départs et par le déclin des vocations dans les dernières années de sa vie. Lors d’une de ses dernières conversations, elle exprimait l’espoir d’avoir fait quelque chose pour augmenter le respect pour l’apprentissage, pour la vie de l’esprit et pour l’appréciation d’un enseignement de qualité dans la Congrégation. Elle était très reconnaissante, dans les derniers temps de sa maladie, des soins bienveillants que les sœurs autour d’elle lui prodiguaient.

Quelqu’un avait déjà fait part de son désaccord quant à une causerie sur Marguerite Bourgeoys offerte par Eileen, sous prétexte que la conférencière n’incarnait pas, d’aucune façon, la qualité qu’elle décrivait. Si Eileen avait entendu ce reproche, elle aurait été étonnée qu’on puisse insinuer qu’elle aurait pu revendiquer une telle chose. Personne n’était plus conscient de ses défauts qu’Eileen elle-même et personne n’était plus conscient des erreurs contre lesquelles ont les avaient mises en garde au congrès de la Congrégation en 1988 : que les mots ne devraient pas être confondus avec la réalité. Un jour qu’elle venait de réaliser qu’elle avait vexé une autre sœur, elle avait rapidement fait parvenir à cette dernière un dessin de « Peanuts » dont la légende était « Sur le papier, je suis génial! » Puis elle écrivit ce haïku :

Voici l’ironie :
Lorsqu’on ne peut enseigner l’amour
À ceux qui en parlent

Peut-être, si on lui avait demandé de se comparer à Marguerite, aurait-elle utilisé une image tirée des Écrits et aurait dit qu’elle ressemblait à sa fondatrice seulement de la façon qu’un flocon de neige ressemble à une étoile. Mais du début jusqu’à la fin, sa vie témoigne du fait que, comme Marguerite, elle a reçu un cœur constant. À la fin de son autobiographie, en 1931, Eileen écrit :

De combien de façons notre sainte Mère a veillé sur moi durant les années avant et après mon entrée dans la vie religieuse, elle seule le sait. Les nombreuses preuves visibles de son indéfectible protection sont trop nombreuses pour les nommer toutes ici. Puisse-t-elle guider mon cœur et ma main dans mon travail d’éducation à venir dans notre chère Congrégation.

Les réponses de Notre Dame à cette prière furent un cadeau, non seulement pour Eileen, mais également pour la Congrégation de Notre-Dame.


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