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Soeur Marcelle Corneille,
l'éducation libératrice à l’UQÀM

Par Michelle Renaud

Une pédagogue à l’heure de la Révolution Tranquille

Saviez-vous que la vision d’éducation libératrice prônée par Marguerite Bourgeoys et les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame est toujours vivante au cœur de l’UQÀM ?

En effet, l’École préparatoire de musique de l’UQÀM a été fondée et dirigée pendant de nombreuses années par sœur Marcelle Corneille, CND, « pionnière en pédagogie musicale » et professeure émérite de l’UQÀM.

Retraçons brièvement ses pas

Née à Montréal en 1923 d’un père belge et d’une mère française, sœur Corneille commence l’étude du piano dès l’âge de 5 ans et obtient un baccalauréat en musique en 1952, puis une licence en 1960, à l’École normale de musique de l’Institut pédagogique. Affiliée à l’Université de Montréal de 1926 à 1967, cette institution est « reconnue comme un centre d’excellence en pédagogie musicale à Montréal ». Sœur Corneille y enseigne de 1949 à 1976 et en devient la directrice en 1957.

Lorsque la Congrégation de Notre-Dame la convie à créer un programme pour les enfants de l’École maternelle de l’Institut pédagogique, elle se tourne alors vers les pédagogies (presque inconnues à cette époque) élaborées par Orff, Martenot, Dalcroze et Kodály pour stimuler l’éveil des facultés musicales chez l’enfant. Par la suite, elle se rendra en Europe à plusieurs reprises pour travailler avec ces pédagogues.

Soeur Marcelle Corneille lors de sa profession, le 24 août 1945

Pendant que sœur Corneille poursuit et applique ses recherches de pointe en pédagogie musicale, le Québec vit une période de profonds changements avec la « Révolution tranquille » et la laïcisation de l’éducation qui en découle. Le rapport Parent (publié en 1963 et 1964) sonne le glas des Écoles normales et du cours classique et propose la création des Cégeps qui verront le jour en 1966.

Femme de vision et d’audace, sœur Corneille va jouer un rôle fort actif dans la construction de la nouvelle société qui émerge.

Lors du rapport Parent, elle collabore étroitement avec Georges Little, responsable de l’enseignement de la musique au nouveau ministère de l’Éducation et fait partie des comités du ministère sur l’enseignement musical. Elle rédige aussi un chapitre du rapport Rioux sur l’enseignement musical. En 1965, on introduit les élèves des écoles primaires publiques à la musique avec l’émission éducative Faisons de la musique qui met en application les pédagogies Orff, Kodály et Martenot et focalise sur le chant au moyen de chansons tirées du folklore canadien-français et canadien-anglais.

Sœur Corneille met aussi sur pied des cours d’été sur ces pédagogies et invite des pédagogues européens de renom à offrir des formations à l’École normale de musique. Elle sera aussi invitée à se rendre en Hongrie pour y donner une conférence lors du congrès Kodály de 1970. Le rapport Rioux ayant recommandé l’affiliation de l’École normale de musique à l’UQÀM, lors de la création de cette dernière, sœur Corneille « assure la transition entre la formation développée à l’École normale de musique et le programme universitaire de la nouvelle université du Québec à Montréal ». En vertu d’un contrat de service, les cours du module de musique de l’UQÀM se donneront à l’École normale de musique de Westmount de 1969 à 1976.

Un legs durable

En 1976, le module de musique est intégré à l’UQÀM et relocalisé sur le campus du centre-ville ; l’École normale de musique ferme ses portes. C’est à ce moment que sœur Corneille, qui dirige le module depuis 1969, entreprend les démarches pour la fondation de l’École préparatoire de musique de l’UQÀM. Étant donné qu’elle était responsable des cours de formation pédagogique, une section préparatoire s’avérait en effet indispensable. Elle en devient directrice en 1976 et l’École sera reconnue officiellement par le Conseil d’administration de l’UQÀM en 1978.

Définie par l’UQÀM comme « un service à la collectivité dans le domaine de l’éducation musicale », l’École possède en effet un vaste champ d’enseignement et une large clientèle. En plus de préparer les jeunes aux programmes de concentration en musique aux niveaux primaire, secondaire, collégial et universitaire, l’École offre des cours d’éveil musical pour les petits à compter de 4 ans et demi ainsi que des classes de formation en musique pour les adultes. Outre ses activités d’enseignement, l’École a mis sur pied une chorale parents-enfants ; elle organise des concerts publics et un concours annuel de piano.


Bibliographie

Bray, Kenneth, et autres,
« La musique à l’école »,
Encyclopédie canadienne,
consultée le 22 avril 2010.

Encyclopédie canadienne,
La méthode Orff,
consultée le 22 avril 2010.

Fondation du patrimoine laurentien, s. d.,
Résumé de l’entrevue de sœur Marcelle Corneille,
consultée le 21 avril 2010.

« L’École préparatoire de musique »,
L’UQAM branché…, no 10, 27 janvier 1998,
consultée le 21 avril 2010.

L’éducation libératrice, s. d.,
document interne des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.

Morand, Louise,
Le Chapitre du Québec de l’association Carl Orff Canada – musique pour enfants,
consultée le 21 avril 2010.

Peers, Digby, et autres,
« Émissions musicales éducatives »,
Encyclopédie canadienne,
consultée le 22 avril 2010.

Thomas, Suzanne,
« École normale de musique »,
Encyclopédie canadienne,
consultée le 21 avril 2010.

Turbide, Nadia,
« Corneille, Marcelle »,
Encyclopédie canadienne,
consultée le 21 avril 2010.

Université du Québec à Montréal, 2009.
École préparatoire de musique de l’UQÀM,
consultée le 21 avril 2010.

Wikipédia,
Rapport Parent,
consultée le 22 avril 2010.


Quelques biographies

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