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Aime, crois, pardonne, et plus que tout, vis avec un cœur rempli de sourires!

Un message de Sœur Jeanne Bossé, 94 ans, une sœur canadienne habitant au Japon depuis plus de 60 ans.

Née au Québec, au Canada, le 20 août 1916, Jeanne Bossé est devenue sœur de la Congrégation de Notre-Dame à 21 ans. Arrivée au Japon à l’âge de 30 ans en 1947, elle a enseigné la musique dans une école élémentaire de la CND pendant 11 ans, puis elle a travaillé comme surveillante d’un dortoir de filles pendant 16 ans.Depuis la fin de sa cinquantaine, elle consacre son temps à l’éducation de la foi en enseignant un cours d’étude biblique cinq jours par semaine.

Soeur Jeanne Bossé le 24 août 1945

« Le plus important est de vivre à partir du cœur. »

En 1947, tôt après la guerre, sœur Jeanne Bossé est venue du Canada au Japon afin d’enseigner le christianisme. Depuis plus de trente ans, tout en enseignant des cours bibliques, elle tend aussi la main à des personnes en difficulté. Aujourd’hui, notre journaliste a eu l’occasion de rencontrer sœur Jeanne qui a inspiré de si nombreuses personnes, et de lui demander ce qui lui semble important pour vivre une vie riche et bien remplie.

« Tout le monde a un rôle. La vie est un cheminement pour le découvrir. »

Par une journée étouffante d’août, j’ai rendu visite à sœur Jeanne Bossé à la Congrégation de Notre-Dame dans la ville de Chofu, Tokyo. « J’ai 94 ans depuis le 20 août » déclare sœur Jeanne, en m’accueillant avec un sourire chaleureux. Elle joue toujours de l’orgue chaque matin lors de la messe, elle donne un cours d’étude biblique du lundi au samedi, et elle rencontre tous ceux et celles qui souhaitent recevoir ses conseils, quelle que soit leur religion.

Par son dévouement absolu, elle a essayé de transmettre aux gens l’importance de « vivre à partir du cœur ». « Le cœur n’a pas de forme », dit-elle, « le fermer ou l’ouvrir aux autres ne tient qu’à vous et au choix que vous faites ». La conversation a ensuite porté sur les choix et les attitudes dont on a besoin pour avoir une vie riche.

« Lorsque vous appréciez les rencontres avec les gens et que vous les traitez avec un cœur souriant, alors l’avenir vous est ouvert ».

« J’avais 30 ans lorsque je suis arrivée au Japon. Tout a commencé lors d’une fête d’adieu pour des missionnaires revenus du Japon et partant pour le Brésil. Je n’avais jamais imaginé partir comme missionnaire à l’étranger, et encore moins au Japon. Ce fut en fait Dieu qui m’y a appelée. Le Seigneur a œuvré dans mon cœur. Lorsque je suis partie au Japon, je ne parlais pas un mot de japonais. Soixante ans plus tard, à 94 ans, j’apprends toujours cette langue. C’est parce que Dieu m’a confié le rôle de le faire. Dieu n’a pas de plan seulement pour les chrétiens, mais son pouvoir formidable s’étend à tout le monde, en donnant à chacun d’entre nous un rôle spécial à vivre dans ce monde. Vous percevez votre rôle en ayant un esprit ouvert et souple ».

« Quelles que soient les personnes que vous rencontrez et quelles que soient les joies ou les difficultés que vous devez affronter, tout ce qui se passe dans la vie a une signification importante. Cependant, si vous durcissez votre cœur et que vous éviter les contacts avec les gens, alors rien ne se passera. Nous avons tendance à refaire sans cesse ce genre d’erreur. Les êtres humains ne peuvent pas vivre seuls. Nous sommes faits pour nous aimer les uns les autres.».

Pour aimer, il vous faut apprécier les contacts avec les gens et les accepter avec un cœur chaleureux et souriant. Le futur vous est alors ouvert et vous commencez à trouver votre voie ».

Journaliste: « Avoir un cœur chaleureux rempli de sourires peut faire une différence dans nos vies quotidiennes. Mais il y a des moments où nos cœurs sont glacés et en colère, pour toutes sortes de raisons, comme lorsque nous avons des problèmes dans notre mariage ou lorsque nous devons supporter des conflits humains. Dans ces cas-là, que devrions-nous faire? »

« Écrivez chaque soir une lettre d’amour et priez dans un esprit de simplicité. Évitez de transposer au lendemain des pensées toxiques ».

« Nous voulons être mieux compris et reconnus. Lorsque cela échoue, ou lorsque nous n’avons pas assez d’amour dans notre cœur, nous avons tendance à éprouver des sentiments négatifs comme la jalousie ou la colère. Cela arrive à tout le monde, mais les sentiments négatifs sont toxiques pour notre cœur. Lorsqu’ils s’accumulent, nous n’avons alors plus “le cœur de pardonner”. Pardonner est une des tâches les plus difficiles pour les humains. Pourquoi c’est difficile? Parce que nous devenons tellement égocentriques que nous en oublions de comprendre les autres ».

Lorsque les gens viennent trouver sœur Bossé pour des conseils concernant des problèmes conjugaux, elle leur fait bénéficier des lumières reçues lors d’une Session: « Renouement conjugal » où les époux, après une conférence, échangeaient leurs réactions écrites. Ils prenaient alors conscience de ne pas se connaître après des années vécues ensemble.

Après trente ans, elle conserve l’habitude d’écrire des lettres d’amour chaque soir.

« Je ne suis pas mariée, alors j’écris des lettres d’amour à Dieu qui est mon conjoint (rires). Dans la lettre, je le remercie de tous les bienfaits et de la nourriture qu’Il m’a donnés ce même jour; je demande à Dieu de bénir les gens que j’ai vu ce jour-là; je réfléchis sur moi et sur mon insuffisance en tant qu’être humain. Ici, j’habite avec 20 sœurs, mais je ne peux pas dire que je les aime toutes de la même manière. Je demande à Dieu de m’aider dans mes efforts de les aimer toutes de la même façon. Même s’il est possible qu’une partie de vous reste pleine de ressentiment et qu’il vous soit impossible de pardonner, Dieu vous pardonne en raison des efforts que vous faîtes à devenir une meilleure personne. Dieu veille sur nous tous avec Son grand amour ».

Journaliste: « Lorsqu’on est jeune, on s’inquiète des conflits que l’on a avec des amis, etc. Plus tard, on a peur de tomber malade et de vieillir. Certaines personnes souffrent parce qu’elles ne peuvent pas trouver de raison de vivre. De quelle manière avez-vous affronté les difficultés? »

« Il y a toujours de l’espoir après la souffrance. Lorsque j’étais septuagénaire, je suis tombée malade, ce qui s’est avéré être une bénédiction pour moi »

« J’ai vécu une des expériences les plus difficiles de ma vie lorsque j’ai été transférée de Tokyo dans une communauté au nord de l’île de Kyushu; j’avais alors plus de 70 ans. La vie là-bas était très tranquille, complètement différente de mes journées actives à Tokyo. Petit à petit, j’ai perdu ma curiosité pour la vie; mon appétit a baissé, et j’ai perdu ma joie de vivre. ».

Pendant un certain temps, sœur Bossé a essayé d’endurer la vie tranquille en priant et en étant patiente. Ses journées miséreuses sont arrivées à une fin lorsqu’elle a réalisé une chose.

« À Tokyo, j’étais prête à faire n’importe quel travail avec une attitude positive, et sans y penser, j’ai progressivement éprouvé de la fierté pour ce que je faisais. La santé et les compétences sont des dons de Dieu pour lesquels nous devrions être reconnaissants. Il est faux de penser que c’est quelque chose que vous avez accompli. Lorsque j’ai réalisé ceci, j’ai commencé à mieux comprendre les gens qui souffrent, et j’ai accepté le travail qui m’était donné dans toute sorte d’environnements avec beaucoup de reconnaissance. Dans la souffrance, Dieu nous met à l’épreuve. Sans chercher à l’éviter, tournez-vous vers Dieu et demandez-lui : “quel est le sens de cette souffrance?”. C’est alors que nous trouverons les bienfaits qui en viennent ».

« Il est dur d’affronter la souffrance. Lorsqu’on tombe malade, on vit soit dans la douleur, soit dans l’espoir d’une guérison. Cela dépend de la manière dont on choisit de suivre son cœur. J’ai été opérée au genou à l’âge de 89 ans. Pendant deux mois après l’opération, j’ai fait de la rééducation quotidiennement. J’ai guéri suffisamment bien pour pouvoir me rendre au Canada. Mon docteur japonais m’avait dit que parce que j’ai la foi, je me remets vite. C’est vrai que si on a la foi, on peut être assuré que toutes les choses et tous les problèmes sont entre Ses bonnes mains. Dieu veille sur tout le monde. Ainsi, lorsque vous affrontez des difficultés, vivez de manière positive sans perdre l’espoir ».

Journaliste :« J’ai appris que votre sœur est décédée cette année à l’âge de 97 ans. Avez-vous peur de mourir? Pour vous, qu’est-ce qu’une vie riche et comment doit-on s’y prendre pour la vivre ainsi? ».

« Si vous pouvez trouver du plaisir à travailler et à chérir chaque minute de votre vie, vous n’aurez pas peur de mourir. »

« Lorsque j’étais petite, mes parents m’ont offert des dons qui se sont avérés être précieux au cours de ma vie : la foi de mon père et la joie de vivre de ma mère. Ma mère m’a appris à m’intéresser à tout et à trouver de la joie à aider les autres. Elle était une femme simple de la campagne, qui passait sa vie à cuisiner, à teindre des fils à tisser, à coudre et à tricoter. Elle cousait pour ses cinq filles, elle aimait la nature, cultivait un magnifique jardin, jouait du piano et elle m’a enseigné les plaisirs de la musique. C’est bien ça une vie riche pour moi : trouver du plaisir à aider d’autres personnes, avec la chaleur au cœur et un sourire sur le visage, et vivre pleinement chaque jour. Si vous vivez en chérissant chaque moment de votre vie, vous n’avez pas peur de mourir. Ma sœur est morte à 97 ans cette année, mais elle vit toujours dans mon cœur. Aussi, je ne suis pas triste. »

« Si nous pouvions réaliser et apprécier que nous ne vivons pas tout seul, mais que la vie nous est donnée par le pouvoir tout-puissant de Dieu, nous arrêterions d’avoir peur de vieillir ou de mourir. »

Pendant notre discussion de deux jours, sœur Bossé n’a jamais arrêté de sourire. Le sourire possède une capacité de guérison, et il en est de même pour les mots encourageants, l’amour, la foi, le pardon, la reconnaissance… Je me sens une personne différente juste en me remémorant, une fois par jour, ce que sœur Boissé m’a dit. Il n’est pas difficile d’avoir un cœur qui sourit, si nous le choisissons.

« Nous sommes tous les chefs-d’œuvre de Dieu. Nous ne sommes jamais seuls. »

Conseils de sœur Jeanne pour rester en bonne santé, mentale et physique :

  • 1. Marchez : ne soyez pas sédentaire. Soyez autonome.
  • 2. Appréciez ce que vous mangez : ne soyez pas difficile (sœur Boissé aime la nourriture Japonaise).
  • 3. Les amis : les jeunes apportent de l’énergie à sœur Jeanne.
  • 4. Le sommeil : dormez bien. Respectez un horaire de sommeil régulier.
  • 5. L’optimisme : regardez la vie en rose. Ayez de l’humour.
  • 6. Utilisez votre cerveau : lisez et étudiez quotidiennement.
  • 7. La foi : ayez un pilier dans votre existence.


Ceci est la traduction d’un article originalement publié en japonais par Kadokawa Magazines Inc. www.mainichigahakken.net, reproduit avec la permission de l’éditrice, madame Naomi Hoyama.


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