Marguerite Bourgeoys et les Filles du Roy

Par Michelle Renaud
Photos : Samantha Etane

 

Tableau réalisé à la peinture à l’huile sur carton, monochrome brun, par sœur Sainte-Marthe-de-Béthanie (Rose-Alma Dufresne), CND, dans la première moitié du 20e siècle.

Ce tableau rappelle le soutien matériel et moral que Marguerite Bourgeoys et la Congrégation de Notre-Dame ont apporté aux « Filles du Roy », ces 800 jeunes femmes dotées par Louis XIV qui, entre 1663 et 1673, ont affronté les périls de la traversée de l’Atlantique pour venir pren­dre mari en Nouvelle-France. Marguerite Bourgeoys prend en charge celles qui sont destinées à Montréal, car elle est convaincue de leur importance pour l’avenir de la jeune colonie. Elle va les accueillir elle-même au bord de l’eau et vit avec elles dans une maison qu’elle a fait spé­cialement aménager pour les recevoir (la maison Charly).

Pendant la dizaine d’années où des contingents de Filles du Roy arrivent ainsi à Montréal, Marguerite et ses com­pagnes leur offrent l’hospitalité, les préparent à leur nouveau rôle et les initient aux connaissances et aux savoir-faire qui leur permettront de survivre et de gagner leur vie honorablement dans des conditions difficiles.

La scène principale de ce tableau en trois parties nous fait voir deux époux signant devant notaire un contrat de ma­riage détaillant sans doute leurs biens respectifs sous le regard bienveillant de Marguerite Bourgeoys. En effet, entre 1663 et 1670, plusieurs Filles du Roy célébreront leur mariage dans une maison de la Congrégation. La pièce semble spacieuse, occupée par d’autres personnes va­quant à divers travaux.

 

 

 

La partie de gauche montre mère Bourgeoys accueillant des prétendants à la porte d’une maison portant l’ins­cription « filles à marier ».

La partie de droite dépeint une scène de la future vie d’une Fille du Roy : une jeune femme file la quenouille, un bébé endormi dans un berceau à ses côtés. Par la porte ouverte, on aperçoit son mari qui travaille aux champs avec deux bœufs. L’ameublement est simple, mais les rideaux à la fe­nêtre et certains détails suggèrent un certain confort.

On devine que cette jeune femme a appris à bien tenir mai­son et à s’épanouir dans son rôle d’épouse de colon et de mère.

 
 

Bibliographie

Simpson, Patricia, CND, , Marguerite Bourgeoys et Montréal, 1640-1665, McGill-Queen’s University Press, Montréal & Kingston, 1999, p. 183-186.
http://www.archivesvirtuelles-cnd.org/
Fiche documentaire (no d’accession 2003.32), Musée Marguerite-Bourgeoys / Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.

 
 

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